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20/09/2016 07:52 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Victimes de guerres: le pape dénonce "le silence assourdissant de l'indifférence"

Le pape François a dénoncé mardi à Assise "le silence assourdissant de l'indifférence" face aux victimes de guerre, lors d'une journée de prière pour la paix réunissant de nombreux dignitaires et fidèles de différentes religions.

"Ils implorent la paix, nos frères et soeurs qui vivent sous la menace des bombardements ou sont contraints de laisser leurs maisons et d'émigrer vers l'inconnu, dépouillés de tout", a-t-il lancé, en évoquant les "victimes des guerres qui polluent les peuples de haine et la terre d'armes".

"Qui les écoute? Qui se préoccupe de leur répondre? Ils rencontrent trop souvent le silence assourdissant de l'indifférence, de l'égoïsme de celui qui est agacé, la froideur de celui qui éteint leur appel à l'aide avec la facilité avec laquelle on change la chaîne de télévision", a-t-il martelé.

Le pontife argentin s'exprimait lors d'une prière oecuménique avec des responsables orthodoxes, protestants ou anglicans dans la splendide basilique inférieure Saint-François ornée de fresques de Giotto.

Au cours de cette prière précédent la clôture de ces 30èmes rencontres interreligieuses pour la paix, les pays en guerre à travers le monde ont été lentement énumérés, dont la Syrie où les combats ont repris lundi, et une bougie a été allumée pour chacun d'eux.

Dans le même temps, musulmans, juifs, taoïstes, bouddhistes, shintoïstes ou encore sikhs étaient réunis dans des lieux différents, selon leur confession, pour prier eux aussi pour la paix.

"Dieu est un Dieu de paix. Il n'existe pas de Dieu de guerre", avait déjà affirmé le pape lors de sa messe matinale au Vatican.

"Pendant que nous prions aujourd'hui, il serait bon que chacun de nous ressente la honte (face aux victimes de conflits). La honte que des humains, nos frères, soient capables de faire cela", avait-il ajouté.

- 'Image d'unité' -

Arrivé en fin de matinée dans la cité médiévale, François a déjeuné avec les dizaines de dignitaires religieux et experts de ces rencontres interreligieuses, dans l'immense réfectoire de la basilique franciscaine.

Un petit groupe de réfugiés, venus de sept pays, a été invité à déjeuner non loin de la table du pape.

Parmi eux une famille syrienne, Mohanad Zanboua, son épouse Nour et leur fille Maria. "Nous avons perdu nos vies, nos documents, notre maison", a raconté pudiquement Nour, qui rêve de refaire sa vie en Norvège.

Le souverain pontife s'est entretenu en tête-à-tête avec l'archevêque de Canterbury (anglicans), Justin Welby, le patriarche de Constantinople (orthodoxes), Bartholomée Ier, le président du conseil des oulémas d'Indonésie (musulmans), un rabbin britannique, un membre du patriarcat syro-orthodoxe d'Antioche et un philosophe polonais.

Il y a 30 ans, la première rencontre interreligieuse de ce type, à l'invitation de Jean Paul II, avait représenté un moment historique pour l'Eglise catholique et le rapprochement de religions souvent séparées par des siècles d'hostilités et de massacres.

Le rendez-vous se répète désormais chaque année dans une ville différente, sous l'égide de la communauté catholique de Sant'Egidio.

Pour Marco Impagliazzo, président de Sant'Egidio, "il faut montrer une image d'unité", seule réponse au terrorisme "qui divise et cherche à déstabiliser par la violence".

"Assise se veut une réponse contre le pessimisme", a-t-il ajouté à l'adresse des critiques doutant de l'efficacité de telles discussions entre personnalités déjà modérées.

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