DIVERTISSEMENT
20/09/2016 08:42 EDT | Actualisé 21/09/2016 09:19 EDT

Véronique Cloutier dévoile le contenu de Véro.tv

Deux magazines (un de bouffe et un de mode), deux séries, une comédie à sketchs, deux docu-réalités, un rendez-vous de grandes entrevues et un autre de touchants tête-à-tête : voilà ce qu’offrira la nouvelle plateforme Véro.tv, volet de Tou.tv Extra «dirigé» par Véronique Cloutier, qui sera accessible dès le début 2017.

On savait depuis février dernier que Véronique Cloutier aurait prochainement une chaîne à son nom et son visage sur Tou.tv Extra ; ne restait qu’à déterminer les contenus qui meubleraient ce nouvel espace web, où Radio-Canada espère rallier le plus d’internautes et de téléspectateurs (ou «web-spectateurs?») possible, mais qui demeure bien sûr représentatif du style et des valeurs de Véronique Cloutier, qu’on sait adepte autant de mode et d’art de vivre que d’humour absurde et de loufoqueries en tous genres. Le grand dévoilement, très attendu, avait lieu mardi matin.

La multitude d’intérêts de sa principale tête d’affiche donnera donc à Véro.tv une palette de couleurs assez vaste, où plusieurs devraient trouver leur compte. Bien entendu, on a été chercher quelques vedettes très populaires, comme Mariloup Wolfe et Marilou et Alexandre Champagne, pour donner encore plus de lustre à Véro.tv, mais aussi des créateurs de la relève. Éventuellement, des fictions en acquisition viendront compléter l’ensemble.

Radio-Canada ne cache pas espérer ardemment rejoindre les «milléniaux» (les 18-34 ans, ou la génération Y et celle qui suit) avec Véro.tv.

«Les jeunes aiment Véro, a précisé Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio-Canada et de Tou.tv. Femmes comme hommes, autant les 18-34 ans que les 25-54 ans. Dans les contenus qu’on donne sur Véro.tv, il y a beaucoup de choses qui s’adressent aux jeunes. Ça fait partie de notre offre pour aller chercher les milléniaux, même si on ne parle pas juste aux milléniaux. C’est large public.»

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Les émissions de Véro.tv

Trois fois par jour. Les bien-aimés Marilou et Alexandre Champagne transposent leur univers culinaire dans un magazine qui comptera d’abord huit épisodes de 30 minutes. Le cœur du projet se centrera évidemment sur la nourriture et les plaisirs de la table, mais Marilou et Alex échangeront aussi avec des personnalités provenant de divers horizons en lien avec un thème précis (beauté, partage, esprit de famille, etc), lequel guidera la préparation d’un repas. Avec cette nouvelle tribune, le duo ouvrira encore davantage au public les portes de son intimité, et aspire à projeter une image un peu plus réaliste de lui-même, moins magnifiée ; bref, les jeunes parents souhaitent briser leur réputation de «petit couple parfait». «Trois fois par jour, ça fait longtemps que ça nous a dépassés», a reconnu Alexandre Champagne mardi, conscient de la notoriété de l’entreprise, lancée pourtant modestement sous forme de simple blogue il y a trois ans et demi.

Baby Boom. La jeune auteure Marie-Pier Allard aborde les aléas de la grossesse et du quotidien de nouveaux parents dans Baby Boom, sa première fiction, une comédie dramatique qui s’articule autour de trois couples de la génération Y dont la réalité change au même gré que les hormones des femmes enceintes : Émilie et Thomas sont simplement «rendus là» dans leur cheminement à deux, Mathilde et Jonathan viennent de se connaître et commencent tout juste à s’apprivoiser qu’un bébé s’annonce sans préavis et Victoria et Édith encaissent échec par-dessus échec dans leurs traitements de fécondation. On a choisi de miser sur des visages encore peu connus (Ariane Castellanos, David Giguère, Marie Bernier, Marie-Laurence Moreau, Robert Montcalm et Zoé Tremblay) pour faire vivre ce Baby Boom qui, promet-on, nous fera rire, mais aussi pleurer souvent. 10 épisodes de 10 à 12 minutes sont prévus pour la première saison, et Marie-Pier Allard en cogite déjà une deuxième. Anne Boyer produit pour Duo Productions, et Dominic Robert, autre talent émergent, réalise.

Les Loges. La scène, Patrice Coquereau connait. L’auteur et comédien connait aussi, par le fait même, ce repaire mystérieux qu’est la loge, lieu de tranquillité et de concentration réservé aux acteurs, chanteurs et humoristes avant et après leur spectacle. Or, si elle est souvent perçue comme une bulle d’intimité, la loge est également, plus souvent qu’autrement, le théâtre de drôles de rencontres et de discussions entre les artistes et des admirateurs venus quémander un autographe, des membres de la famille ou des amis transis d’admiration (ou de déception!), des journalistes perplexes, etc. Coquereau a vécu suffisamment de moments cocasses ou «malaisants» dans des loges au fil de sa carrière pour imaginer une comédie à sketchs dans laquelle les visiteurs de passage ne se gênent pas pour lancer des commentaires maladroits, mesquins ou étranges et créer des situations drôles, embarrassantes ou exaspérantes pour l’artiste.

Véronique Cloutier a été preneuse du concept pour Véro.tv et le résultat sera, jure-t-on, désopilant. Guylaine Tremblay, Rémy Girard, Anne-Élisabeth Bossé, Mariana Mazza, Philippe Laprise, Émilie Bibeau, Diane Lavallée, Pier-Luc Funk, Léane Labrèche-Dor, Brigitte Lafleur, France Castel, Marc Hervieux, Pierre Hébert et, bien sûr, Véronique Cloutier et Louis Morissette, effectueront tous une apparition dans Les Loges, où la frontière entre la réalité et la fiction est parfois très mince.

Trop. On anticipe avec beaucoup d’impatience la découverte de Trop, première offrande de Marie-Andrée Labbé, réalisée par Louise Archambault et Chloé Robichaud. On savait déjà que Trop était destinée à Tou.tv Extra, mais Radio-Canada a choisi de l’inclure dans le catalogue de Véro.tv, jugeant que le ton de la série colle bien à l’esprit de la mini-chaîne de Véronique Cloutier. En tête de l’intrigue de Trop, deux sœurs et colocataires, Isabelle (Evelyne Brochu) et Anaïs (Virginie Fortin), qui verront leur valeurs être bousculées un brin lorsque cette dernière apprendra qu’elle est atteinte d’un trouble bipolaire. Alice Pascual, Éric Bruneau, Pierre-Yves Cardinal, Mehdi Bousaidan, Anne-Marie Cadieux et Louise Portal incarnent aussi tous des personnages avec leurs excès et leurs instants de «trop» dans cette comédie dramatique réaliste et très terre-à-terre, produite par Sphère Média Plus. On vous parlait plus longuement de Trop en avril dernier (https://quebec.huffingtonpost.ca/2016/04/11/trop-extra-toutv_n_9664194.html).

P.S. Merci pour tout. Mariloup Wolfe réalise et anime «dans l’ombre» (c’est-à-dire qu’on l’entendra sans la voir) ces rencontres tendres entre deux personnes très importantes l’une pour l’autre. Des couples d’amoureux ou de meilleurs amis, une mère et sa fille, un grand-père et son petit-fils, brefs, des duos liés par des sentiments inébranlables, raconteront leur relation, leur histoire et leurs souvenirs. Ces conversations très feel good se solderont par la lecture d’une lettre disant essentiellement P.S. Merci pour tout. Cette bouffée de positivisme n’est pas à confondre avec Deuxième chance, la série documentaire basée sur des retrouvailles et des recherches (pour retracer une personne perdue de vue depuis longtemps) que Marina Orsini et Patrick Lagacé co-animeront à Radio-Canada cet hiver, la formule n’étant pas du tout la même. P.S Merci pour tout comptera 18 capsules de seulement quatre minutes.

Sois. Véro.tv aura sa proposition «girly», où il sera question de mode et de maquillage, mais on y parlera «des» beautés plutôt que de «la» beauté puisque, comme on le sait, la notion varie selon les époques, les âges, les contextes socioculturels, et quoi encore. Et ne dit-on pas que la beauté est dans l’œil de celui qui regarde? Dans Sois, on jasera donc nouvelles tendances, mais sans donner de conseils de style. On effectuera des transformations, mais on insistera aussi sur l’estime de soi et le bien-être. Laurence Bareil et Sabrina Cournoyer y auront leurs chroniques et leurs «missions», et le maquilleur Bruno Rhéaume, la coiffeuse Manon Côté, et les stylistes Craig Major et Isabelle Gauvin se partageront le temps des sept éditions de 30 minutes. Des artistes invités, tels Kim Thuy, Mitsou, Hélène Bourgeois-Leclerc et Louise Latraverse viendront témoigner.

#Bougaricci. Véronique Cloutier l’appelle «[sa] bibitte». Master Bougaricci, alias Marc Lessard de son vrai nom, travaillait dans le monde de la rénovation et de la construction, plus spécifiquement comme poseur de céramique, jusqu’en décembre dernier. Jusqu’à ce qu’il se décide à suivre sa passion et à tenter sa chance comme designer. En fait, il serait plus exact de dire que Bugaricci, qui s’autoproclame «maître de la couture urbaine», ne «tente pas sa chance», mais s’impose carrément, convaincu de pouvoir faire de son patelin natal, Valleyfield, une capitale de la mode, de la même trempe que Paris, Milan ou New York. Pour promouvoir sa ligne de vêtements, le déluré personnage se permet d’interpeller les personnalités publiques sur les réseaux sociaux, et c’est ainsi que Véronique Cloutier l’a découvert. Comment un père de trois enfants peut repartir à zéro à 42 ans et bâtir sa compagnie dans un domaine tout autre que celui dans lequel il a évolué presque toute sa vie? Bougaricci exposera les rouages de son futur empire sur Véro.tv et aura la chance de mettre la main à la pâte (ou au tissu) pour confectionner des pièces à Mariloup Wolfe, Marina Orsini, Martin Juneau et Valérie Roberts, Yann Perreau, Jean-Michel Anctil, Véro et Louis et même les Dead Obies. Son documentaire se déploiera sur six épisodes de 30 minutes.

Rétroviseur. À force de voir et de revoir en rediffusion et en re-rediffusion son passage aux Grandes entrevues de Stéphan Bureau, à ARTV, Véronique Cloutier a constaté qu’au fil du temps qui passe et des événements qui se produisent dans nos vies, les opinions changent et les discours aussi. Et l’idée a germé : utiliser des archives d’entrevues accordées par des artistes dans le passé et leur demander de revenir sur leur propos d’alors, avec le recul qu’offre les années. Aujourd’hui, rediraient-ils la même chose? Est-ce que le temps leur a donné tort ou raison? La maturité aidant, cultivent-ils les mêmes points de vue? Parmi les 10 épisodes de 30 minutes, on est assurés de présences de Pauline Marois, Guy A.Lepage, France Castel, Christian Bégin, Vincent Graton et Normand Brathwaite. Rétroviseur n’aura rien à voir avec les Enfants de la télé, qui se concentre surtout sur les cocasseries et faits touchants de la carrière des artistes ; ici, on s’attardera vraiment aux propos.

Le cœur à l’ouvrage. Il y a eu Véro Inc à Canal Vie en 2013, il y aura Le cœur à l’ouvrage sur Véro.tv en 2017. Le principe sera sensiblement le même : après s’être introduit dans les coulisses de la fabrication du magazine Véro et de la confection de sa collection de vêtements, le public pourra cette fois, avec ce nouveau docu-réalité, comprendre l’ampleur de l’opération que représente la Fondation Véro & Louis et assister aux efforts de Véronique Cloutier en vue de son retour à la télévision, à l’hiver 2017. Anecdotes de la fin de tournée des Morissette et, bien sûr, «coucous» de Delphine, Justin et Raphaëlle, les trois enfants de Véro et Louis, seront aussi au programme. Les vrai(e)s admirateurs(trices) de Véro seront à nouveau comblé(e)s par ces six heures, découpées en six tranches de 30 minutes.

Ce qu’il faut savoir sur Véro.tv

- L’onglet Véro.tv sera clairement identifié, en «surbrillance», sur la page d’accueil de Tou.tv, dès le lancement de la plateforme.

- Le rythme de mise en ligne des différentes émissions variera. Certaines y seront déposées en entier d’un trait, d’autres, à coups de deux ou trois épisodes par semaine ou par mois. Ce sera du cas par cas.

- Sur les neuf productions originales de Véro.tv, sept sont chapeautées par KOTV, la maison de production de Louis Morissette (Trois fois par jour, Les Loges, #Bougaricci, Rétroviseur, Sois, Merci pour tout et Le cœur à l’ouvrage).

- La direction de Tou.tv refuse de préciser le nombre d’abonnés de Tou.tv Extra et de se risquer à chiffrer un espoir pour Véro.tv. «Ça va bien», se contente-t-on d’affirmer, en soulignant l’importance d’offrir du contenu québécois pour attirer les gens d’ici. Régulièrement, les titres québécois seraient semble-t-il nombreux dans le top 10 des vidéos les plus vus sur Tou.tv Extra.

- Il y a deux façons de s’abonner à Tou.tv Extra (au coût de 6,99$ par mois) : directement, ou via Rogers (les abonnés de Rogers reçoivent d’emblée l’accès à Tou.tv Extra dans leur forfait). Si on adhère à Tou.tv Extra directement, le nombre de publicités s’en trouve considérablement réduit.

- Radio-Canada admet sans ambages allouer des budgets plus restreints au web qu’à la télévision. «On ne peut pas mettre les mêmes budgets qu’à la télé, on n’y arriverait pas», a plaidé Dominique Chaloult. «Ça stimule la créativité, et ça ne paraîtra pas. C’est un plus grand défi, au niveau de la production, mais c’est aussi plus stimulant et ça nous pousse à nous dépasser», a renchéri Véronique Cloutier, en vantant du même souffle l’autre côté de la médaille. «Ce que j’aime de Véro.tv, c’est qu’on a la chance de faire les choses différemment. On peut se permettre une liberté et une audace qu’on n’a pas encore à la télé traditionnelle. Il y a des efforts qui sont là mais, à la télé, il y a une façon de faire qui est ancrée. Sur le web, tout est à construire, et on peut aller dans toutes les directions.»

- Véronique Cloutier avoue ne pas être la plus grande consommatrice des services comme Netflix, Tou.tv ou Club illico, mais s’intéresse de plus en plus à ces alternatives, à l’image, croit-elle, du public qu’elle veut rejoindre. «Je suis encore un peu plus télé traditionnelle, mais je commence à m’ouvrir. Je pense que je représente vraiment bien le type de consommateur qu’on va aller chercher. Si on m’offre des affaires, je vais aller les voir, mais je ne cours pas après ça, parce que j’aime encore ma bonne vieille TV, avoir mon rendez-vous en même temps que tout le monde, le mardi à 20h.» D’ailleurs, la mordue de petit écran qu’elle est se trouve présentement au septième ciel, en ce début de saison télévisuelle. «Je regarde tout, j’enregistre tout. Il n’y a rien qui me rend plus heureuse qu’un début de saison. Je veux tout voir! Et ensuite, je décide de ce que je vais suivre.» La téléspectatrice assidue n’a toutefois pas encore eu le temps de s’imprégner des nouveautés fraîches de cet automne. «J’ai juste regardé mon Unité 9, parce que je ne me possédais plus avec Marie Lamontagne, comme deux millions de personnes!», a ricané Véro.