NOUVELLES
20/09/2016 03:19 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Une entreprise chinoise soupçonnée d'avoir contribué au programme nucléaire nord-coréen

Une entreprise industrielle chinoise, cible d'une enquête de Pékin, est soupçonnée d'avoir contribué au programme nucléaire nord-coréen, selon un rapport publié par des centres de réflexion en Corée du Sud et aux Etats-Unis.

Dandong Hongxiang Industrial Development, qui vend des produits pouvant aussi bien avoir des applications civiles que militaires, a échangé des biens pour plus de 530 millions de dollars avec la Corée du Nord entre 2011 et 2015, d'après ce rapport publié lundi par l'Asan Institute for Policy Studies de Séoul et l'institut C4ADS de Washington.

Selon des informations disponibles sur internet, la société basée à Dandong, à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord, vend des lingots d'aluminium pur, de l'alumine et d'autres produits qui pourraient être utilisés à des fins militaires ou bien dans le nucléaire civil ou militaire, d'après la même source.

Les exportations de la société vers la Corée du Nord ont représenté 171 millions de dollars entre 2011 et 2015, tandis que ses importations ont dépassé 360 millions.

"Même si l'on ne peut tirer de conclusions quant à l'utilisation finale de ces fonds, leur simple volume est à noter", soulignent les auteurs du rapport.

Ils citent une estimation selon laquelle ces montants auraient presque suffi à financer les installations d'enrichissement d'uranium de Pyongyang et à produire et tester ses bombes atomiques.

La société chinoise a également été en lien avec la Korea National Insurance Corporation, une entreprise publique qui, d'après la commission européenne, contribuerait à financer des programmes nord-coréens d'armes de destruction massive, selon le rapport.

En Chine même, la police de la province du Liaoning a annoncé la semaine dernière avoir ouvert une enquête sur la société et plusieurs de ses dirigeants pour "crimes économiques graves liés à une activité commerciale".

Interrogé mardi, le ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas voulu préciser si l'enquête était liée au programme nucléaire nord-coréen.

Ces informations surviennent alors que la Corée du Nord a mené le 9 septembre un cinquième essai nucléaire, condamné par Pékin et l'ensemble de la communauté internationale qui envisage de nouvelles sanctions contre Pyongyang.

Certains experts ont des doutes quant au respect par la Chine des sanctions déjà prises contre la Corée du Nord, Pékin étant le premier partenaire économique du pays de Kim Jong-Un.

bur/par/ehl/prh