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20/09/2016 02:53 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Sommé par Bruxelles, la Pologne suspend "l'impôt sur les supermarchés"

Le gouvernement polonais, critiqué par la Commission européenne pour son impôt progressif sur le commerce de détail, a annoncé mardi sa suspension et son remplacement, en 2017, par une autre formule d'imposition visant les grandes surfaces.

Le ministre polonais des Finances Pawel Szalamacha a dénoncé devant la presse "une décision purement arbitraire, politique" de Bruxelles, en contradiction, selon lui, avec le principe européen qui veut que les bénéfices soient imposées "là où ils sont produits".

Il a déploré "le renforcement du centralisme bruxellois", et "un succès des lobbies", résultat de "pressions des grandes sociétés".

Le ministre répondait à la décision de la Commission, annoncée lundi, d'ouvrir une enquête approfondie sur cet "impôt sur les supermarchés", entré en vigueur le 1er septembre et pour lequel aucun paiement n'est encore dû. Les principales chaînes de distribution en Pologne, pour beaucoup étrangères, estiment qu'il privilégie les petites enseignes locales.

"La Commission européenne a enjoint aujourd'hui à la Pologne de suspendre l'application de l'impôt en attendant qu'elle achève son évaluation", a indiqué l'institution lundi dans un communiqué.

La nouvelle formule d'imposition des grandes surfaces préparée par le ministère des Finances sera appliquée à partir du 1er janvier prochain, a ajouté le ministre, sans donner de détails.

Il a regretté que le secret commercial lui interdise de nommer des sociétés qui "réalisent des chiffres d'affaires de milliards de zlotys et n'ont pas payé d'impôts depuis des années".

Le ministre a averti que la Pologne irait, si elle y est contrainte, jusqu'à porter l'affaire devant la Cour de Justice européenne.

La taxe suspendue devait atteindre 0,8% du chiffre d'affaires pour les entreprises aux recettes mensuelles inférieures à 170 millions de zlotys (38,3 millions euros) et 1,4% pour celles dont le c.a va au-delà de cette somme.

Elle était censée rapporter à l'Etat environ 1,6 milliard de zlotys (372 millions d'euros) en 2016.

via/sw/elp