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20/09/2016 15:39 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Sénégal: un mort et plus de 40 blessés dans une mutinerie à la principale prison de Dakar

Un détenu est mort et plus de quarante personnes été blessées mardi lors d'une mutinerie dans le principal établissement pénitentiaire de Dakar, a annoncé le directeur de l'administration pénitentiaire sénégalaise, le colonel Daouda Diop.

Un mouvement de grogne, contre les détentions préventives excessivement longues et les conditions carcérales dans la Maison d'arrêt et de correction (MAC) de Rebeuss, chroniquement surpeuplée par rapport à sa capacité de 800 places, avait débuté il y a au moins une semaine, avec notamment des grèves de la faim partielles.

Le colonel Diop a assuré que le calme était revenu lundi, après une série de mesures pour répondre aux revendications, dans des déclarations rapportées par les médias locaux, dont l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle).

Une partie des détenus a ainsi été transférée depuis samedi vers d'autres établissements du pays, ramenant la population carcérale de 2.377 à 1.997, et une rencontre avec le procureur de la République de Dakar était prévue mardi à la mi-journée, a-t-il indiqué.

Mais dans la matinée, "profitant des visites et de la promenade qui étaient effectuées, un groupe d'à peu près 600 à 700 détenus a foncé vers la porte principale pour s'évader, utilisant des pierres et beaucoup d'objets, blessant des agents", a-t-il affirmé.

Les gardiens ont alors réagi en utilisant "les moyens qui étaient à leur disposition", a ajouté le directeur de l'administration pénitentiaire, sans autre détail, précisant que la situation avait été maîtrisée vers 14H00 (locales et GMT) et tous les détenus reconduits dans leur cellule.

Le bilan de ces "échauffourées" est d'un mort et 27 blessés parmi les détenus, et de 14 blessés parmi les surveillants, a-t-il souligné.

Le directeur exécutif de la section sénégalaise d'Amnesty International, Seydi Gassama, a mis en cause la responsabilité de l'administration pénitentiaire, les revendications de longue date des détenus sur la durée de la détention préventive n'ayant pas été prises en compte, selon lui.

"Ce bilan est d'autant plus lourd que tout le monde voyait venir ... l'administration pénitentiaire depuis au moins six semaines savait que la situation allait évoluer vers une mutinerie", a déclaré mardi soir M. Gassama sur la radio privée RFM.

"Par rapport à leur principale revendication, qui était les longues détentions, il n'y a pas eu les assurances qui leur ont été données et finalement cela a dégénéré", a-t-il déploré, exigeant une "enquête indépendante pour situer les responsabilités" de ces violences.

sst/jpa