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20/09/2016 09:47 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Obama met en garde contre le populisme, la tentation du repli

Barack Obama a mis en garde mardi, lors de son ultime discours à l'ONU, contre la montée en puissance du populisme, appelant à prendre en compte les frustrations dont il se nourrit et à ne pas succomber à "un capitalisme sans âme".

Dans un discours à la tonalité plutôt sombre, le président américain, qui quittera la Maison Blanche dans quatre mois à l'âge de 55 ans, a dénoncé la tentation du repli, et multiplié, sans jamais le citer, les allusions au magnat de l'immobilier Donald Trump qui espère lui succéder.

"Aujourd'hui, un pays qui serait entouré de murs ne ferait que s'emprisonner lui-même", a-t-il lancé, en référence à celui que le milliardaire a promis, formules tonitruantes à l'appui, de construire le long de l'immense frontière qui sépare les Etats-Unis et le Mexique.

Très attendu sur le conflit syrien, sur lequel ses atermoiements - voire son manque d'implication directe - font l'objet de vives critiques, le président américain s'est borné à réaffirmer qu'il n'existait pas de solution militaire et appelé à poursuivre "le difficile travail de la diplomatie".

Il n'a pas prononcé un mot sur la reprise des combats meurtriers après que le fragile cessez-le-feu laborieusement négocié avec Moscou eut volé en éclats.

Le président américain a réservé une pique à son homologue russe Vladimir Poutine, dénonçant l'attitude d'un pays "qui tente de retrouver sa gloire passée grâce à la force". "Sur la durée, cela diminuera son rang dans le monde", a-t-il prédit.

"Un quart de siècle après la fin de le guerre froide, le monde est, à de nombreux égards, moins violent et plus prospère que jamais", a-t-il lancé devant l'Assemblée générale des Nations unies. "Et pourtant nos sociétés sont marquées par l'incertitude, le malaise et les affrontements".

- 'Le paradoxe de notre monde' -

"C'est le paradoxe qui définit notre monde", a-t-il poursuivi, évoquant une profonde perte de confiance dans les institutions.

A moins de 50 jours de l'élection qui désignera son successeur à la Maison Blanche, M. Obama a évoqué la montée en puissance à travers le monde d'un "populisme grossier", venu parfois de l'extrême gauche mais "le plus souvent" de l'extrême droite.

Pour le président américain, cette tendance n'offre pas de solutions satisfaisantes mais ne doit pas être sous-estimée: trop de frustrations et d'injustices, en particulier économiques, ont trop longtemps été ignorées, a-t-il martelé.

"Un monde dans lequel 1% de l'humanité concentre autant de richesses que les 99% restants ne sera jamais stable".

Vantant, comme il l'a fait régulièrement à cette tribune au cours des huit années écoulées, les vertus de la diplomatie, exemples de Cuba et de la Birmanie à l'appui, il a reconnu que les résultats pouvaient parfois sembler maigres face aux "conflits brutaux" qui jettent des milliers de réfugiés sur les routes.

C'est sur ce thème qu'il s'est montré le plus pugnace, jugeant que de nombreux pays riches ne faisaient pas assez face à l'ampleur du défi.

"Nous devons aller de l'avant, même quand c'est difficile d'un point de vue politique", a-t-il lancé, évoquant ces hommes et ces femmes jetés sur les routes et contraints d'abandonner tout ce qu'ils connaissent et tout ce qu'ils aiment.

"Nous devons nous imaginer ce que cela serait si cela arrivait à nos familles, à nos enfants", a-t-il insisté.

Il y a 65 millions de personnes déplacées dans le monde, dont 21 millions de réfugiés, fuyant persécutions, pauvreté ou conflits.

En deux ans, 7.000 hommes, femmes et enfants ont péri en Méditerranée en tentant de gagner l'Europe.

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