POLITIQUE
20/09/2016 07:16 EDT | Actualisé 21/09/2016 07:24 EDT

Ligne bleue à Montréal : le député fédéral Nicola Di Iorio invite les citoyens à se mobiliser

OTTAWA – Le député fédéral de Saint-Léonard-Saint-Michel, Nicola Di Iorio, s’en remet à la mobilisation citoyenne pour s’assurer que le prolongement vers l’est de la ligne bleue du métro de Montréal voie bel et bien le jour.

« Si les gens tiennent à ce projet-là, ils ont l’opportunité de le voir réalisé, a-t-il dit. Ils ont élu un gouvernement au fédéral qui a pris l’engagement de préconiser les transports publics, qui a pris l’engagement de préconiser les économies vertes. »

La ligne bleue doit être prolongée jusqu'à Anjou. (Photo : David Kirouac)

« Mais ils doivent mettre en œuvre une action citoyenne pour s’assurer que les preneurs de décisions comprennent que cette fois-ci, c’est la bonne », a martelé le député en entrevue avec le Huffington Post Québec.

Québec n’a toujours pas soumis son étude d’opportunité pour le prolongement de la ligne bleue, a confirmé le bureau du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités Amarjeet Sohi.

Son ministère estime donc, à ce stade-ci, que « ce projet n’a pas fait l’objet d’une priorisation par le gouvernement du Québec dans le cadre des programmes fédéraux de financement ».

Mais le ministre Sohi ne s’est pas dit inquiet par ces délais. Il devrait présenter la phase 2 des investissements du fédéral en infrastructures – qui financera les nouveaux projets au Canada – avant le prochain budget fédéral.

« Ça prend du temps pour que le travail de conception se fasse. Alors il y a un travail de préparation. Comprenez qu’un projet de cette envergure requiert beaucoup de planification avant de se rendre à l’étape de la demande », a indiqué le ministre au HuffPost, lundi.

Le ministre de l'Infrastructure attend toujours le dossier de Québec. (Photo : PC)

Le gouvernement du Québec, qui martelait que la ligne bleue était sa priorité ce printemps, a relégué le projet au deuxième plan après l’annonce du train électrique de la Caisse de dépôt et placement (CDPQ).

L’ancien ministre des Transports, Jacques Daoust, disait en mai dernier qu’une décision serait prise pour le prolongement du métro vers Anjou « d’ici un an ». Au bureau de son successeur, Laurent Lessard, on évite cependant de donner un échéancier.

Il est pourtant clair que tous les paliers de gouvernements sont d’accord sur l’importance du projet. Le maire de Montréal, Denis Coderre, a déjà affirmé que la ligne bleue est le « prolongement de la justice » pour les usagers dans l’est de l’île.

L’attaché de presse de Lessard, Mathieu Gaudreault, a réitéré que la ligne bleue était un « dossier prioritaire » pour Québec, mais que la réalisation de l’étude d’opportunité dépendait d’un « paquet de facteurs » hors du contrôle du ministre des Transports.

Apprendre des erreurs du passé

S’il ne veut pas jeter le blâme sur qui que ce soit, le député Nicola Di Iorio interpelle les citoyens pour qu’ils démontrent leur soutien au projet. Il veut éviter à tout prix que la ligne bleue leur file entre les doigts comme dans le passé.

« C’est bien évident que si la population ne se mobilise pas, si la population n’est pas vigilante, si la population s’en remet simplement à quelques vagues énoncés, elle risque d’être dans une situation où des décisions pourraient être prises et – oups! – la ligne bleue, on ne saura pas où elle est passée. »

Selon le secrétaire parlementaire de l’Infrastructure, Pablo Rodriguez, Québec ne peut pas déposer son dossier pour la ligne bleue « tant et aussi longtemps » que la phase 2 du fédéral n’aura pas été lancée.

Le «prolongement de la justice», selon Coderre. (Photo : Getty Images)

Pour l’instant, la phase 1 est en cours. Elle vise à financer des projets à court terme pour moderniser ou mettre à niveau des infrastructures existantes. La phase 2 financera de « nouveaux projets transformateurs et à plus long terme ».

« Je peux vous dire que [la ligne bleue] est un projet qui est très important pour les différents élus de Montréal, dont moi, et c’est un projet que je défends depuis le début. Tout ce qui concerne évidemment le transport en commun, la mobilité et gens et des passagers est une priorité pour nous », a soutenu Rodriguez.

« Tout délai est préoccupant », plaide Di Iorio, qui représente la circonscription de Saint-Léonard-Saint-Michel depuis moins d’un an. Il se désole de voir le manque de transports en commun dans l’est de Montréal, un frein au développement économique à son avis.

« La ligne bleue, naturellement, elle doit être prolongée, conclut-il. Allez dans ma circonscription le matin ou en fin de journée, puis vous allez constater que les gens sont coincés sur la rue Jean-Talon. »

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