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20/09/2016 10:46 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Les Jordaniens ont voté pour un scrutin marqué par le retour des islamistes

Près de 1,5 million de Jordaniens ont voté mardi pour renouveler leur Parlement, lors d'un scrutin marqué par le retour dans la course électorale des Frères musulmans, principale force d'opposition dans le royaume.

Les bureaux de vote ont ouvert à 7H00 locales (4H00 GMT) et devaient fermer à 16H00 GMT mais le vote a été prolongé d'une heure dans 15 circonscriptions dans les grandes villes en raison de la "grande affluence" des électeurs.

Lors de ce scrutin, 1,4 million de Jordaniens ont voté contre 1,2 million lors du dernier scrutin de 2013, selon la commission électorale qui n'a pas communiqué le taux de participation.

Près de 4,1 millions d'électeurs, sur une population de 6,6 millions d'habitants, étaient appelés à départager 1.252 candidats pour 130 sièges.

A Fuhais, au nord-ouest d'Amman, Baraa Zeidan, 19 ans, a voté pour la première fois dans cette localité chrétienne. "J'ai choisi ceux qui vont me représenter. J'espère qu'ils seront à la hauteur et qu'ils résoudront nos problèmes notamment dans les transports, l'emploi et le système scolaire".

"Notre situation empire et nous voulons construire un avenir meilleur", a ajouté cet étudiant.

Les analystes ne prévoient pas de grands changements au Parlement, qui jouit de pouvoirs limités. La majorité devrait rester occupée par des hommes d'affaires et des responsables de tribus loyaux à la monarchie.

- 'Consolider la démocratie' -

Les Frères musulmans avaient boudé les élections en 2010 et 2013 pour dénoncer des scrutins entachés d'irrégularités et une loi électorale qui comprenait un système controversé de "voix unique" avantageant les candidats des tribus, acquis au pouvoir.

Ils critiquaient également le découpage des circonscriptions électorales, jugé injuste, et exigeaient l'instauration d'un système parlementaire dans lequel le Premier ministre serait issu de la majorité du Parlement, et non plus nommé par le roi.

Or les autorités ont amendé récemment la loi électorale, affirmant avoir entamé des réformes pour "consolider la démocratie" dans le royaume.

Même si les réformes sont jugées insuffisantes par les islamistes, ces derniers, affaiblis par des divisions internes et une répression des autorités, ont décidé en juin de participer au scrutin pour retrouver leur "légitimité" et améliorer leur rapport avec le pouvoir, selon des analystes.

La Coalition nationale pour la réforme, formée par les Frères musulmans, s'est félicitée à la mi-journée de l'affluence dans les bureaux de vote.

Elle a cependant dénoncé "plusieurs" irrégularités, notamment des tentatives d'influencer les électeurs et l'achat de voix devant des centres de vote.

- 'Petits incidents' -

La commission électorale a annoncé par ailleurs l'annulation du vote dans la circonscription d'Al-Baya al-Wosta (au sud d'Amman) où huit urnes ont été détruites par des casseurs. L'élection sera organisée de nouveau dans cette localité à une date ultérieure, a-t-on ajouté de même source.

"De petits incidents ont été enregistrés dans certaines régions, comme des bagarres entre partisans de candidats rivaux ou des tirs en l'air devant un bureau de vote", a déclaré le général Atef Al-Saoudi, directeur de la Sûreté nationale, au cours d'une conférence de presse.

Le chef des observateurs de l'Union européenne, Jo Leinen, a fait état de son côté de "transport organisé" d'électeurs ainsi que "de la présence d'affiches et de bannières" de candidats dans certains bureaux de vote.

Le scrutin se déroule dans un contexte délicat pour le royaume. L'économie a été sévèrement touchée par les conflits qui font rage dans les pays voisins, en Irak et en Syrie, et par l'accueil de centaines de milliers de réfugiés qui pèsent lourdement sur les finances du pays.

"Nous sommes fiers en Jordanie d'avoir recours aux urnes et nous dialoguons à travers des élections, alors que dans plusieurs pays de la région, on n'entend que le bruit des canons", s'est félicité mardi Mohamad Momani, le porte-parole du gouvernement.

La commission électorale n'a pas fixé de date pour l'annonce des résultats des législatives. Mais dans la soirée, le président de la commission électorale Khaled al-Kalalda a annoncé que les résultats pourraient être annoncés dans les 48 heures.

bur-ila/vl