NOUVELLES
20/09/2016 11:57 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Le point sur le raid contre un convoi humanitaire en Syrie

Les raids ayant touché un convoi humanitaire à l'ouest d'Alep en Syrie ont fait environ 20 morts dont un responsable du Croissant-Rouge, amenant l'ONU à suspendre ses convois humanitaires dans le pays.

- Que s'est-il passé ? -

31 camions transportant de l'aide de l'ONU et du Croissant-Rouge syrien acheminaient lundi de l'aide à 78.000 personnes à Orum al-Koubra, dans la province d'Alep.

Toutes les parties au conflit avaient été informées de ce convoi et toutes les autorisations et garanties nécessaires avaient été obtenues par l'ONU, selon un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Genève, Jens Laerke.

Des photos du convoi publiées avant le raid sur Twitter par le Croissant-Rouge syrien montrent que de grands drapeaux bleus de l'Unicef étaient fixés sur certains des camions.

A 10H50 (07H50 GMT), le personnel humanitaire et les bénévoles de la branche d'Alep du Croissant-Rouge arabe syrien ont commencé à décharger l'aide des camions, selon la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

A 11H50 (08H50GMT), les travailleurs humanitaires de la sous-branche d'Orum al-Koubra ont pris le relais de la branche d'Alep, continuant à décharger l'aide humanitaire.

Vers 20H15 (17H15GMT), les Nations unies ont reçu, de sources locales, les premiers rapports faisant état d'un raid, selon la FICR. Selon un porte-parole du FICR, qui s'est exprimé mardi matin à Genève, il s'est agi d'un raid aérien. Par la suite, la FICR a publié un communiqué parlant "d'attaques".

Environ 20 civils ont été tués durant le raid, selon la FICR. Le directeur de la branche locale du Croissant-Rouge syrien, Omar Barakat, fait partie des victimes, selon son organisation.

L'entrepôt du Croissant-Rouge syrien et 18 des 31 camions transportant l'assistance ont été brûlés et détruits.

Le convoi contenait notamment de l'aide sanitaire et nutritionnelle de l'Unicef pour 50.000 bénéficiaires. Les camions transportaient aussi neuf tonnes d'aide médicale, dont des antibiotiques et du matériel chirurgical.

- Suspension des convois d'aide de l'ONU -

L'ONU a suspendu mardi tous ses convois humanitaires en Syrie en attendant une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire.

Contrairement aux Nations unies, la Croix-Rouge assure qu'elle ne va pas geler ses activités de distribution d'aide en Syrie.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a acheminé mardi de l'aide, comme il était prévu, par largage aérien aux habitants de Deir Ezzor (est), encerclés par le groupe jihadiste Etat islamique.

Les camions qui doivent transporter de l'aide de l'ONU pour les quartiers rebelles à l'est d'Alep se trouvaient mardi toujours dans une "zone tampon" entre la Turquie et la Syrie, selon le porte-parole d'Ocha.

- Damas et Moscou rejettent toute responsabilité -

Stephen O'Brien, responsable de la coordination de l'aide d'urgence de l'ONU, a demandé lundi une "enquête immédiate, impartiale et indépendante".

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a dénoncé mardi "une violation flagrante du droit international humanitaire, qui est totalement inacceptable".

Ni l'aviation russe, ni l'aviation syrienne n'ont mené un raid aérien ayant frappé le convoi humanitaire, a affirmé mardi le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense cité par les agences russes.

Ce général russe a mis par ailleurs en doute l'idée que le convoi ait été frappé par un raid aérien.

Les Etats-Unis avaient mis en garde la Russie lundi soir après l'attaque contre le convoi humanitaire.

"Au regard de la violation flagrante de la cessation des hostilités, nous allons réexaminer les perspectives de coopération avec la Russie", avait déclaré le porte-parole du département d'Etat, John Kirby.

Un cadre de l'administration américaine avait affirmé que les frappes contre le convoi humanitaire n'étaient pas le fait de la coalition internationale pilotée par les Etats-Unis.

"Les Russes ont la responsabilité de se réfréner pour ce genre d'actions et ils ont aussi la responsabilité d'empêcher le régime syrien de le faire", avait-il insisté.

- Pour l'opposition syrienne, Damas et Moscou sont responsables -

Pour Riad Hijab, haut responsable de l'opposition syrienne, Damas et Moscou sont responsables de l'attaque contre un convoi humanitaire lundi à Alep (nord), affirmant disposer "d'informations sûres".

Selon lui, il s'agit d'un raid aérien et "ce sont des avions du régime et des Russes qui sont responsables de cette attaque. Personne d'autre ne possède d'aviation dans cette zone. Un membre du HCN faisait partie d'un groupe chargé de la protection du convoi, il nous a fourni des images très claires et très précises", a affirmé M. Hijab.

apo/mnb/ib