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20/09/2016 03:41 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

La Birmanie vote l'abolition des "inspections de minuit"

La Birmanie a voté l'abolition d'une loi emblématique de l'époque de la dictature militaire qui obligeait les habitants à signaler toute personne invitée chez eux pour la nuit et qui a largement servi de moyen de contrôle sur les opposants.

Le Parlement, aujourd'hui dominé par d'anciens dissidents politiques depuis des élections historiques en novembre 2015, a voté lundi la suppression de cette loi controversée malgré l'opposition de l'armée qui a conservé un quart des sièges via des députés non élus.

D'après les militants des droits de l'Homme, les autorités ont continué à se servir de cette loi, appelée "inspection de minuit", pour harceler les gens et leur extorquer de l'argent, même après l'auto-dissolution de la junte en 2011.

Plus de 50 groupes de la société civile avaient appelé le mois dernier à abolir ce texte, décrit comme un "outil d'oppression menaçant gravement la dignité humaine".

D'après Win Htein, collaborateur d'Aung San Suu Kyi, qui conduit le premier gouvernement civil depuis des décennies, certaines dispositions de la loi ont été conservées pour des raisons de sécurité.

La police n'est plus autorisée à se rendre chez les habitants en pleine nuit pour ce motif mais peut tout de même toujours "poser des questions sur la présence d'étrangers d'une manière honorable", a expliqué cet ancien prisonnier politique, qui a passé des années derrière les barreaux sous l'ancienne junte.

Le projet de loi exige également des personnes séjournant dans un village ou dans un quartier qu'elles s'enregistrent auprès des autorités après un mois.

L'armée s'oppose à l'abolition de la loi car elle craint une "réduction de son autorité", selon Win Htein.

L'armée birmane a dirigé le pays d'une main de fer pendant près de 50 ans avant de laisser la place à un gouvernement semi-civil en 2011, ouvrant la voie ensuite à une transition transition démocratique et l'arrivée au pouvoir Aung San Suu Kyi, dissidente historique.

Mais l'armée conserve un poids politique prépondérant, via ses députés non élus et aussi puisqu'elle a gardé la main sur trois ministères importants - Intérieur, Défense et Frontières.

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