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20/09/2016 08:04 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Israël: un homme retrouvé nu et enchaîné chez les Bédouins dans le désert

La police israélienne a annoncé avoir découvert par hasard mardi dans une communauté de Bédouins du désert du Néguev (sud d'Israël) un homme nu et enchaîné qui a dit avoir été traité de la sorte depuis 15 ans.

Il a été hospitalisé au service des urgences de l'hôpital de Ber-Sheva, la plus grande ville du sud d'Israël, et son dossier transmis aux services sociaux.

Une porte-parole de l'établissement a indiqué à l'AFP qu'il était "conscient et dans un état stable", mais n'a pas souhaité se prononcer sur la plausibilité de ses dires.

Des policiers surveillaient une opération de destruction de structures construites illégalement par les Bédouins dans les environs d'Alfora, à l'est de Ber-Sheva, quand l'un d'eux a été alerté par des pleurs, a indiqué une porte-parole de la police dans un communiqué.

"Il s'est approché et a trouvé l'homme sans vêtements et enchaîné au mur" à l'intérieur d'un cabanon, a dit la police, précisant qu'une enquête avait été ouverte.

Selon les premiers éléments, les proches de l'homme l'auraient enchaîné en raison de troubles mentaux et parce qu'il jetait des pierres sur les enfants.

Les médias israéliens l'ont présenté comme un Bédouin de 43 ans au visage couvert de boue et ne s'étant pas coupé les cheveux ni rasé la barbe depuis des années.

La grande majorité des Bédouins d'Israël vivent dans le Néguev. Certains ont conservé une existence semi-nomade, d'autres l'ont abandonnée tout en restant attachés à leurs traditions.

Nombre d'entre eux habitent dans des villages non reconnus par l'Etat, souvent dans une grande pauvreté, sans raccordement aux réseaux d'eau et d'électricité.

Selon des chiffres officiels, sur les 230.000 Bédouins du Néguev, 140.000 vivent dans des communautés reconnues, 90.000 dans des villages qui ne le sont pas.

Adalah, une ONG de défense de la minorité arabe, chiffre les Bédouins du Néguev à 300 ou 330.000.

Ils se plaignent des démolitions répétées de leurs villages par les autorités, de relocalisations forcées et de spoliation de leurs terres.

Les autorités israéliennes dénoncent pour leur part des constructions anarchiques, l'absence de titres de propriété et le souci d'améliorer les conditions de vie des Bédouins.

dms/lal/mer