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20/09/2016 05:10 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Irak: offensive pour reprendre à l'EI une localité clé pour avancer vers Mossoul

Les forces de sécurité irakiennes ont lancé mardi avec le soutien de milices chiites une opération destinée à reprendre à l'EI une localité clé pour l'offensive contre Mossoul, dernière grande ville d'Irak aux mains des jihadistes sunnites, selon des sources militaires.

Située sur la rive occidentale du Tigre, la localité de Charqat est à 260 km au nord-ouest de Bagdad et à environ 80 km au sud du bastion jihadiste de Mossoul.

Les forces irakiennes ont déjà reconquis plusieurs localités au nord de Charqat en préparation de l'offensive de Mossoul, la grande métropole peuplée essentiellement de sunnites. Mais la question de l'implication des milices chiites dans ces opérations a ralenti leur progression.

"L'opération pour libérer Charqat a commencé à 05H30 (02H30 GMT) depuis plusieurs directions avec le soutien des forces de la coalition" internationale conduite par les Etats-Unis, a indiqué Yahya Rassoul, un porte-parole du Centre de coordination (irakien) des opérations contre le groupe Etat islamique (EI).

"On a bien progressé", a-t-il assuré à l'AFP. "Charqat est importante, nous ne pouvons pas avancer vers Mossoul si les terroristes contrôlent Charqat".

La localité se trouve dans l'extrême nord de la province de Salaheddine, qui compte entre autres les villes de Samarra et Tikrit, et à proximité de la province de Ninive dont Mossoul est le chef-lieu.

Ahmed al-Assadi, porte-parole des Unités paramilitaires chiites de la mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), a également annoncé le lancement de l'opération pour la reprise Charqat.

"Le Hachd al-Chaabi et l'armée irakienne, soutenus par la force aérienne, ont lancé l'opération 'Aube de Charqat' pour terminer d'expulser ces gangsters terroristes des terres usurpées d'Irak", a-t-il affirmé.

- 'Assez rapidement' -

Les Unités paramilitaires chiites de la mobilisation populaire sont officiellement sous le contrôle du Premier ministre Haider al-Abadi mais nombre des puissantes milices qui les composent répondent avant tout de l'Iran voisin. Elles ont joué un rôle primordial dans la reprise de zones occupées par l'EI depuis 2014.

Le président américain Barack Obama a estimé lundi qu'une offensive sur Mossoul pourrait être lancée "assez rapidement", à l'issue d'une rencontre avec M. Abadi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

M. Abadi a fait état d'opérations plus au sud visant à expulser les jihadistes de l'EI des zones désertiques proches des villes de Ramadi et Hit, dans la province occidentale d'Al-Anbar frontalière de la Syrie.

Alors que la plupart des localités d'Al-Anbar sont aujourd'hui sous contrôle du gouvernement, les combattants de l'EI peuvent encore se déplacer à travers cette vaste province désertique et continuent de harceler les forces de sécurité.

Les forces armées irakiennes sont parvenues fin août à chasser l'EI de Qayyarah, une ville à 60 km au sud de Mossoul qui pourrait servir comme point de départ pour lancer les opérations en vue de la reconquête de la deuxième ville d'Irak, considérée comme la "capitale" du groupe jihadiste dans ce pays.

A la faveur d'une offensive fulgurante en 2014, l'EI s'était emparée de larges pans du territoire irakien.

Mais l'EI a perdu depuis du terrain face aux offensives des forces irakiennes, soutenues par les raids aériens de la coalition.

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