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20/09/2016 13:28 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Haïti: fade débat entre cinq candidats à la présidence

Cinq des 27 prétendants à la présidence d'Haïti ont participé mardi à Port-au-Prince à un débat dont l'organisation rigide a empêché de fortes confrontations d'idées et des échanges réels entre candidats à moins de trois semaines du premier tour.

Edmonde Supplice Beauzile, Jean-Henry Céant, Jude Célestin, Moïse Jean-Charles et Jovenel Moïse (respectivement arrivés 16e, 6e, 2e, 3e et premier du scrutin annulé d'octobre 2015) ont participé au débat organisé par le Groupe d'intervention en affaires publiques (Giap). La candidate Maryse Narcisse, arrivée en 4e position en 2015, a, elle, décliné l'invitation.

Pendant trois heures, les cinq participants sont à tour de rôle intervenus sur les thèmes "créations de richesse et d'emplois", "stratégie pour les services sociaux de base" et "bonne gouvernance". Toute interaction entre candidats était interdite et les trois journalistes n'avaient pas la possibilité de relancer ou recadrer les participants lors de leurs interventions.

A la tribune, les candidats ont enchaîné les déclarations d'intention sans le plus souvent parvenir à se démarquer de leurs concurrents.

Ils ont par exemple unanimement appelé à une réforme du secteur énergétique national mais aucun des 5 panélistes n'a détaillé de plan pour contrer ce frein majeur au développement économique.

D'après une récente étude de la Banque interaméricaine de développement, 7,5 des 10 millions d'habitants du pays n'ont pas accès à l'électricité.

Alors que Ban Ki-moon a une nouvelle fois promis mardi, en ouverture de l'Assemblée générale de l'Onu, de l'aide aux Haïtiens victimes de l'épidémie de choléra déclenchée par des Casque bleus, une seule candidate a évoqué la question des dédommagements réclamés par les familles haïtiennes.

"Je prends l'engagement de discuter avec la Minustah pour décider comment le pays pourra être dédommagé car il leur sera impossible de dédommager chaque personne, notamment le dédommagement moral", a affirmé Edmonde Supplice Beauzile. "Il faudrait voir avec eux comment avoir l'argent pour en finir avec le Zika, le choléra et toutes les maladies", a indiqué la présidente du parti Fusion.

Candidat nationaliste très marqué à gauche, Moïse Jean-Charles a lui appelé au départ des forces onusiennes du pays.

"C'est la communauté internationale qui nous dit s'il faut aller à droite ou à gauche et où nous a-t-elle menée? Dans la misère, les ordures et la corruption", a accusé le représentant du parti Pitit Dessalines alors que plusieurs diplomates étrangers assistaient au débat.

Suite à l'annulation du scrutin tenu en octobre 2015 en raison de "fraudes massives", l'élection présidentielle est en passe d'être réorganisée en Haïti: les deux tours sont ainsi prévus les 9 octobre et 8 janvier

amb/faa