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20/09/2016 07:21 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Espagne: un centre de formation obligé de réadmettre une élève voilée

La région de Valence a obligé un institut de formation à réadmettre mardi une Espagnole musulmane portant le "hijab", qui s'en voyait refuser l'accès à cause du voile couvrant sa chevelure.

SOS Racisme avait récemment rendu public le cas de cette étudiante, Takwa Rejeb, 23 ans, née de parents tunisiens à Valence (côte est de l'Espagne).

L'association dénonçait le fait que le centre de formation ait refusé à la jeune femme l'accès aux cours depuis la rentrée du 8 septembre, parce qu'elle avait "la tête couverte".

L'affaire a été largement médiatisée, l'étudiante posant, souriante, le visage apparent, encadré d'un voile islamique rose.

Selon un communiqué de la région de Valence, gouvernée par une coalition de gauche, "la délégation régionale à l'éducation a garanti le droit à l'éducation de l'élève et elle pourra assister, avec le hijab, à tous les cours".

"Je suis très heureuse parce que la seule chose que je demandais, c'était d'exercer mon droit à me former", a réagi Takwa Rejeb, jointe par l'AFP au téléphone, peu avant son retour en classe mardi. "Je ne suis pas une bête de foire mais une personne comme une autre, une élève", a-t-elle ajouté.

La direction de l'institut public de formation professionnelle Benlliure s'est refusée à tout commentaire.

Le débat sur le port du voile islamique reste très limité en Espagne, qui compte 46,5 millions d'habitants dont 4% de musulmans, et où le voile est peu visible.

"C'est une victoire pour la reconnaissance des libertés constitutionnelles et droits fondamentaux: liberté d'expression, liberté religieuse dans la mesure où l'ordre public est respecté, droit à l'éducation, droit à l'égalité", s'est réjoui l'avocat Francisco Solans, président régional de SOS Racisme, joint par l'AFP.

Selon Me Solans, le directeur de l'établissement avait demandé à l'étudiante d'appliquer strictement un règlement interne empêchant les élèves d'entrer "la tête couverte".

Selon lui, SOS Racisme avait déjà eu connaissance de "cas similaires" d'exclusion d'étudiantes voilées dans d'autres régions, qui s'étaient généralement "résolus par la médiation".

En Espagne, il n'existe pas de législation sur le port du foulard ou du voile intégral dans les espaces publics.

En 2013, la Cour suprême avait annulé une ordonnance de la ville de Lérida (nord-est) qui interdisait le port du niqab (voile cachant le visage) et de la burka (vêtement couvrant corps et visage) dans les édifices et équipements municipaux.

La Cour avait conclu que cette interdiction limitait le droit à la liberté religieuse.

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