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20/09/2016 09:33 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Deux journalistes français marquent un point dans l'affaire de chantage contre le roi du Maroc

Deux journalistes français poursuivis pour tentative de chantage contre le roi du Maroc ont marqué un point mardi devant la plus haute juridiction française, celle-ci ayant jugé illégale la réalisation de deux enregistrements clé dans cette affaire.

Catherine Graciet, 41 ans, et Eric Laurent, 68 ans, sont soupçonnés d'avoir voulu extorquer de l'argent au Maroc en échange de l'abandon d'un livre censé contenir des révélations gênantes pour Rabat.

Les deux journalistes ont été enregistrés à leur insu lors d'entrevues avec un émissaire de Rabat. Ils ont été interpellés au sortir d'un entretien, le 27 août 2015, porteurs de 80.000 euros en liquide mais tous deux contestent avoir été à l'initiative d'un chantage, évoquant une transaction qui s'est nouée librement.

Saisie par les journalistes, la Cour de Cassation a estimé que deux enregistrements clandestins des journalistes, réalisés par l'émissaire de Rabat, avaient en réalité été menés avec la "participation indirecte" des enquêteurs français "sans le consentement des intéressés".

Selon la plus haute juridiction française, cela "porte atteinte aux principes du procès équitable et de la loyauté". La juridiction a par conséquent renvoyé l'affaire à la chambre de l'instruction.

Me Eric Moutet, avocat de Catherine Graciet, a salué une "grande victoire" et estimé que suite à cette décision il serait "compliqué pour les juges d'instruction de continuer". "La Cour de cassation sanctionne la manipulation et le piège mis en oeuvre par les plaignants", c'est-à-dire Rabat, s'est réjoui Me Jérémie Assous, avocat d'Eric Laurent.

L'avocat du roi du Maroc, Me Ralph Boussier, a pour sa part assuré que le dossier était "loin d'être fini". "Il s'agit tout de même d'un flagrant délit", a-t-il dit, rappelant que les journalistes avaient été pris "avec en poche de l'argent et un document" organisant la transaction.

Les journalistes ont été enregistrés lors de trois entretiens. Mme Graciet et M. Laurent ne contestent pas le premier enregistrement, en grande partie inaudible, mais les deux suivants, réalisés alors que l'émissaire de Rabat, un avocat marocain, avait déjà saisi la justice française

Si la loi permet à des particuliers de rassembler des preuves comme bon leur semble, par exemple par des enregistrements clandestins, elle encadre au contraire strictement les enquêteurs.

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