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20/09/2016 07:26 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

De nouvelles violences font au moins 25 morts en République démocratique du Congo

KINSHASA, République démocratique du Congo — De nouvelles violences ont fait au moins 25 morts en République démocratique du Congo au cours des dernières heures.

Les sièges de cinq partis d'opposition ont été attaqués et de nouveaux affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants opposés au président Joseph Kabila ont éclaté dans les rues.

Des centaines de personnes étaient descendues lundi dans les rues de la capitale, Kinshasa, après l'annonce du report de l'élection présidentielle prévue prochainement. Un tribunal a décidé que M. Kabila peut demeurer au pouvoir jusqu'au choix du prochain président.

Des observateurs se demandent depuis plusieurs mois si l'élection présidentielle prévue le 27 novembre pourra avoir lieu. La commission électorale du pays a prévenu que les listes d'électeurs ne seraient pas prêtes avant juillet 2017 et a officiellement demandé le report du vote en fin de semaine.

Certains voient ce report comme une tentative du président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la date prévue de la fin de son mandat, en décembre.

Des coups de feu ont été entendus dans les rues de Kinshasa mardi.

Le ministre de l'Intérieur Évariste Boshab avait évoqué lundi un bilan de 17 morts, dont trois policiers, mais un organisateur des manifestations de lundi affirme que ce sont plutôt 25 personnes qui ont été tuées, dont deux lors des attaques contre les sièges de l'opposition. L'ONU a confirmé la mort de deux personnes.

Un porte-parole du plus grand parti d'opposition a rapporté que les attaques ont fait cinq blessés. Le gouvernement congolais a dénoncé ces attaques, qui ont notamment vu un immeuble être incendié.

L'Union européenne, la France, les États-Unis et les Nations unies ont lancé des appels au calme et à l'organisation rapide d'un scrutin présidentiel.

La RDC, un pays aux ressources naturelles considérables, mais dont la majorité de la population vit dans une grande pauvreté, a subi une violente guerre civile jusqu'en 2003, et son instabilité politique a souvent provoqué l'intervention des armées des pays voisins.

Le président Kabila, qui a pris le pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père, l'ex-président Laurent-Désiré Kabila, n'a pas encore annoncé s'il briguerait un nouveau mandat, bien que la Constitution le lui interdise.