NOUVELLES
20/09/2016 13:54 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Brésil : l'ex-président Lula sera jugé pour corruption dans l'affaire Petrobras (officiel)

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva sera jugé pour corruption dans un volet du dossier Petrobras, le juge Sergio Moro ayant entériné mardi les charges présentées contre lui par le parquet la semaine dernière.

"En raison de l'existence d'indices suffisants de responsabilité (...) j'accepte la dénonciation" du parquet visant l'ex-président (2003-2010) de gauche pour "corruption et blanchiment d'argent", a expliqué le juge Moro dans un document distribué à la presse.

Les procureurs chargés du dossier Petrobras avaient accusé le 14 septembre Lula d'avoir été le "bénéficiaire direct" de largesses du groupe de BTP OAS à hauteur de 3,7 millions de réais (1,1 million de dollars au cours actuel)

L'accusation soutient qu'OAS a reversé à Lula "une partie des sommes illicitement perçues au moment de la passation de marchés truqués Petrobras", la puissante compagnie étatique pétrolière brésilienne.

Le géant du BTP aurait octroyé ces avantages en nature, "à travers l'achat, la personnalisation et décoration" d'un appartement en triplex dans la station balnéaire de Guaruja.

Lula qui avait versé une avance pour l'achat de cet appartement en construction avant d'y renoncer, conteste formellement en être le propriétaire de fait, comme il en est accusé.

La femme de l'ex-président, Maria Leticia, et six autres personnes dont Leo Pinheiro, ex-patron d'OAS, et le président de l'Institut Lula, Paulo Okamoto, font également l'objet d'une inculpation.

Lula est visé par trois enquêtes dans le cadre du scandale Petrobras, une affaire qui a coûté plus de deux milliards de dollars à la compagnie-phare du Brésil et bénéficié à des dizaines d'hommes politiques de divers partis, à des entrepreneurs du BTP et à des directeurs de Petrobras.

Il avait déjà été inculpé le 29 juillet de tentative d'entrave à la justice par le Tribunal suprême fédéral (STF).

Lula avait contre-attaqué jeudi dernier après sa mise en cause par le parquet en se disant victime d'un complot des "élites", dans la continuité du "coup d'Etat" contre la présidente Dilma Rousseff, destituée par le Sénat le 1er septembre pour maquillage de comptes publics.

"Comme dans un feuilleton, ils ont créé un épilogue : ils ont élu (Michel) Temer, destitué Dilma Rousseff (...) et maintenant ils veulent détruire la vie politique de Lula", avait clamé l'ancien président, poussé par son Parti des travailleurs (PT) à briguer à nouveau la présidence du Brésil en 2018.

dw/pal/bds