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20/09/2016 03:03 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Belgique: démantèlement d'une bande de passeurs irakiens

Les autorités belges ont démantelé début septembre une "organisation criminelle irakienne" acheminant clandestinement des ressortissants de leur pays vers la Belgique, dont quatre membres ont été placés en détention provisoire, a indiqué mardi la police fédérale belge.

La police judiciaire a procédé le 7 septembre à neuf perquisitions domiciliaires, sept à Bruxelles, une à Liège (est) et une à Louvain (centre), dans le cadre d'une enquête lancée en 2015. La Belgique faisait alors face à un "afflux" d'Irakiens demandant l'asile politique et la police constatait une "augmentation flagrante" de l'usage de faux documents d'identité, selon un communiqué.

Lors de ces perquisitions, dix personnes, dont la plupart étaient domiciliées dans les communes bruxelloises de Molenbeek et d'Anderlecht, ont été emmenées pour audition par la police. Quatre d'entre elles ont ensuite été inculpées par la juge d'instruction en charge de l'enquête et placées en détention provisoire, selon la même source.

Les policiers ont également saisi des "documents d'identité, des faux documents et attestations", ainsi qu'une "arme de poing et des munitions", a précisé la police fédérale.

Les enquêteurs ont pu déterminer les modes d'actions des "trafiquants d'être humains" qui dans un premier temps utilisaient "des voies aériennes".

Initialement, ils faisaient usage de documents d'identité dont la photo ressemblait au candidat à l'immigration clandestine, une méthode nommée "look-alike" en jargon policier. Les candidats réfugiés devaient s'acquitter d'une somme allant de 15.000 à 20.000 dollars, selon le communiqué.

Lors de l'afflux massif de réfugiés en Turquie et en Grèce, "l'organisation a modifié son mode opératoire", souligne la police belge. Les migrants irakiens sont alors "acheminés en voiture ou camionnette via la route des Balkans vers la Belgique", contre le paiement de 5.000 dollars par personne.

Arrivées en Belgique, "les victimes" de ce trafic étaient "logées dans des appartements gérés par des membres de l'organisation", qui récupéraient les documents utilisés pendant le voyage avant que les candidats à l'asile introduisent leur demande auprès des autorités belges, selon la même source.

"Durant l'enquête, plusieurs victimes ont pu être identifiées et localisées", a expliqué la police fédérale, sans donner d'estimations sur le nombre de personnes ayant atteint la Belgique par cette voie.

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