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20/09/2016 06:14 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:12 EDT

Ban Ki-moon ouvre l'Assemblée générale par un plaidoyer sur la Syrie et le climat

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté mardi les dirigeants mondiaux à mettre fin au carnage en Syrie et à lutter contre le réchauffement climatique, à l'occasion de son dernier discours devant l'Assemblée générale en session annuelle.

Dans ce discours en forme de testament politique qui a ouvert la 71e session annuelle de l'Assemblée, il a aussi vivement déploré le blocage du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens et demandé aux dirigeants, notamment africains, de ne pas s'accrocher coûte que coûte au pouvoir.

"Soyez au service de votre peuple, a-t-il lancé aux dignitaires réunis, ne pervertissez pas la démocratie, ne pillez pas les ressources de votre pays, n'emprisonnez et ne torturez pas vos opposants".

M. Ban doit quitter son poste à la fin de l'année après dix ans à la tête de l'ONU.

"J'en appelle à tous ceux qui ont de l'influence pour obtenir la fin des combats et le début de négociations" pour une transition politique en Syrie, a-t-il plaidé alors qu'une trêve sur le terrain a volé en éclats.

Il a dénoncé l'attaque "sauvage et apparemment délibérée" d'un convoi humanitaire lundi dans la région d'Alep (nord) qui a forcé l'ONU à suspendre ses opérations humanitaires.

Il a qualifié les travailleurs humanitaires en Syrie de "héros" et leurs agresseurs de "lâches" qui devront "répondre de ces crimes".

Le conflit en Syrie est celui "qui fait le plus de morts et qui sème le plus d'instabilité", a-t-il noté, en s'en prenant particulièrement au régime du président Bachar al-Assad.

"Beaucoup de groupes ont tué beaucoup d'innocents mais aucun autant que le gouvernement syrien qui continue d'utiliser des barils d'explosifs contre des zones résidentielles et de torturer systématiquement des prisonniers".

Il a critiqué sans les nommer les multiples protagonistes du conflit, "ces puissants parrains qui continuent d'alimenter la machine de guerre" en Syrie.

Ce conflit, qui a fait 300.000 morts et jeté sur les routes des millions de réfugiés, domine les discussions en marge de l'Assemblée.

Les Etats-Unis et la Russie ont présidé mardi à New York une réunion internationale cruciale sur la Syrie pour tenter de sauver ce qui reste du processus diplomatique.

Estimant "qu'il n'y a pas de temps à perdre", M. Ban a demandé aux 193 pays membres de l'ONU de faire en sorte que l'accord de Paris sur le climat entre en vigueur "dès cette année".

Pour y parvenir, a-t-il souligné, il suffit que 26 pays supplémentaires, représentant juste 15% des émissions nocives de gaz à effet de serre, ratifient le texte.

La lutte contre le réchauffement climatique est une des priorités de M. Ban et l'accord de Paris figure parmi les quelques succès de son mandat.

Par contre, les dix dernières années "ont été dix années perdues pour la paix" entre Israël et les Palestiniens, a-t-il souligné, dénonçant la colonisation israélienne "illégale" et "les divisions inter-palestiniennes".

"La perspective d'une solution à deux Etats s'éloigne chaque jour davantage", a-t-il déploré. "C'est de la folie".

Il a aussi fustigé "les dirigeants qui réécrivent les constitutions, manipulent les élections pour s'accrocher désespérément au pouvoir", une allusion implicite à certains dirigeants africains. "Les dirigeants doivent comprendre que les postes de responsabilité politique leur sont octroyés par le peuple et ne leur appartiennent pas".

Cet ancien ministre sud-coréen des Affaires étrangères a enfin exhorté Pyongyang à stopper ses essais nucléaires et balistiques.

Il a aussi, une nouvelle fois, promis de l'aide aux Haïtiens victimes d'une épidémie de choléra déclenchée par des Casque bleus.

avz/elc