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20/09/2016 07:54 EDT | Actualisé 20/09/2016 07:54 EDT

15e festival Pop Montréal: le chef et sa recette

FRANCOIS GUILLOT via Getty Images
British musician John Cale performs during a concert to celebrate the 30th anniversary of the Fondation Cartier, on October 23, 2014 in Paris. AFP PHOTO/FRANCOIS GUILLOT (Photo credit should read FRANCOIS GUILLOT/AFP/Getty Images)

Pour la 15e année de Pop Montréal, les responsables de la programmation musicales continuent dans la même veine : quelques noms connus et respectés de la scène musicale internationale, comme le duo The Kills et le légendaire John Cale, saupoudrés au milieu d’une myriade de créateurs à découvrir, dont certains Québécois. Rencontre avec le fondateur et directeur artistique de Pop Montréal, Dan Seligman.

«Nous essayons de trouver la recette parfaite, affirme Seligman, quelques jours avant le début du festival. Pas trop d’ingrédients, mais de la qualité et des surprises. J’aime croire que Pop Montréal a trouvé son équilibre. Il se passe beaucoup d’affaires durant l’événement, mais en même temps il faut conserver la qualité dans les spectacles proposés.»

En ce qui concerne la qualité, on peut certainement nommer le duo The Kills, qui continue de remplir les salles depuis sa création . Ce groupe - formé de la géniale chanteuse américaine Alison Mosshart et du guitariste-chanteur anglais Jamie Hince – a publié récemment un album intitulé Ash & Ice. The Kills a déjà donné plusieurs concerts à Montréal, dont ceux à l’Olympia et à Osheaga. La paire sera cette fois au Métropolis, le 21 septembre.

Allah-Las est également une excellente proposition du festival. Le groupe de rock californien devrait créer un beau party au cabaret La Tulipe, le même soir.

Impossible de passer sous silence la rare visite de la pianiste et chanteuse américaine Annette Peacock. Son plus récent séjour à Montréal remonterait aux années 1970. «Elle a tourné avec plusieurs groupes entre les années 1960 et 1980, raconte Seligman. Elle a été mariée avec le compositeur de jazz (pianiste) montréalais Paul Bley (décédé en janvier 2016). Elle s’est faite très discrète les deux dernières décennies. Elle a donné très peu de spectacles. Mais, elle a livré un concert aux Pays-Bas récemment. Nous l’avons contacté pour lui proposer de venir et elle a accepté. Sa musique a toujours été très avant-gardiste, même pour notre époque. Les gens la redécouvrent depuis quelques années. Je pense que son œuvre correspond tout à fait aux goûts de l’audience de Pop Montréal. Elle sera seule sur scène avec un piano, des synthétiseurs et du matériel digital.»

Un autre nom qui impose le respect dans la programmation de Pop Montréal est celui de John Cale (jeudi, le 22 septembre, au Théâtre Rialto), membre fondateur du mythique groupe américain The Velvet Underground. «Ça, c’est très cool, lance Seligman. Il sera avec des musiciens qui proviennent d’un peu partout dans le monde : Amsterdam, London, New York, Los Angeles… Cale, lui, jouera avec des synthétiseurs. Je ne sais pas s’il offrira des morceaux de Velvet Underground. Je sais en tout cas qu’il en était le vrai génie musical. […] Ça fait quelques années que je tente de le faire venir au festival. Mais ça ne fonctionnait pas. Il faut savoir qu’il a près de 75 ans. Il ne fait pas de tournée. Simplement quelques concerts dans des événements spécifiques.»

Des Québécois

Les artistes québécois, même s’ils représentent finalement une petite part de l’offre au festival, ont une place significative dans la programmation, selon Seligman : Kandle & the Krooks, Brown, Philémon Cimon, Sonic Avenues, Keith Koona, Rosi Valland, Groenland, Jef Barbara, Julien Sago, Leif Vollebekk (il donnera trois concerts sur le toit du Rialto pour célébrer le 10e anniversaire de son label montréalais Secret City), Jesse Mac Cormack ou encore Patrick Watson, qui devrait livrer un spectacle secret dans le cadre de Pop Montréal.

«Nous allons notamment faire un événement BBQ francophone incluant certains de ces artistes, souligne le directeur artistique. Ça devrait être très bien. En plus, ce sera gratuit. Il aura lieu dans le petit parc près de l’édifice utilisé par le festival, sur la rue Saint-Urbain. Cette année, les gens pourront en plus manger de la bonne bouffe. Meilleure que les éditions précédentes. Nous voulons créer une sorte de happening autour de la nourriture cette fois. Des chefs montréalais, aux différentes influentes (indienne, mexicaine, libanaise) vont proposer des mets chaque jour.»

Diet Cig, Shinehead et Wally Badarou

Outre les quelques noms mentionnés plus haut, Dan Seligman a bien voulu partager trois coups de cœur. D’abord, Diet Cig. «C’est un trio pop et punk. C’est très dynamique. L’énergie est élevée, mais c’est assez léger. C’est fun.»

«Shinehead est aussi à voir. Il est né en Jamaïque, mais a grandi en Angleterre. Dans les années 1990, il a eu quelques gros succès. C’est rare qu’il offre des concerts. Il va proposer une formule DJ. C’est proposé comme un soundsystem. C’est vendredi soir. C’est la place pour entendre des bons beats et de la basse.»

Finalement, Siligman suggère fortement d’aller assister au spectacle du Français Wally Badarou, un pionnier de la composition au synthétiseur. «Il a travaillé avec de nombreux artistes respectés, dont Talking Heads et Grace Jones. Il a sorti un fameux album studio intitulé Echoes(1984). Il fait un mélange unique de chanson française, pop, funk, et influences africaines.Il est très enthousiaste de monter sur scène. Il n’a jamais donné de concert pour sa carrière solo. Il sera accompagné de deux autres musiciens.»

L’identité

Au dire de Dan Seligman, il y a un peu moins de 400 artistes impliqués dans la programmation 2016. C’est juste un peu moins que l’an passé.

«Chaque année, nous avons quelques salles vides, c’est normal. Pop Montréal, ce n’est pas Osheaga. Nos billets ne se vendent pas instantanément. De toute façon, ce n’est pas la même formule. Nous proposons plusieurs concerts dans plusieurs endroits de la ville. Nous lançons des défis aux festivaliers (environ 60 000 l’année dernière).

Nous aimons bien proposer des artistes inconnus chez nous ou encore des trouvailles de la relève ou du milieu indépendant. Le festival s’adresse aux curieux, à ceux qui veulent faire des efforts pour entendre de la musique nouvelle, différente des gros noms qui circulent partout. Ce concept est plus difficile à vendre, évidemment. Mais cette diversité et cette singularité forgent en même temps l’identité de Pop Montréal.»

Pop Montréal, c’est aussi un festival qui propose des œuvres et artisans touchant l’art visuel, le cinéma, la mode, le design et bien d’autres domaines. Pour obtenir davantage d’information, c’est ici.

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