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18/09/2016 09:07 EDT | Actualisé 19/09/2017 01:12 EDT

Syrie: le régime Assad est le premier responsable des atteintes à la trêve (Ayrault)

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a accusé dimanche le régime syrien d'être le principal responsable des atteintes à la trêve en Syrie, et a exhorté à "tout faire" pour maintenir l'accord de trêve conclu par Moscou et Washington.

"Il ne faut pas oublier que ce qui a porté atteinte au cessez-le-feu américano-russe c'est d'abord le régime, c'est toujours le régime" syrien, a déclaré M. Ayrault en marge d'une cérémonie organisée sur les lieux des attentats du 11-Septembre à New York.

Evoquant le précaire accord américano-russe sur une trêve en Syrie, qui ne tient plus qu'à un fil, M. Ayrault a estimé qu'il fallait "s'accrocher à cet accord et le faire vivre à tout prix".

"Il faut donc passer sur les événements des dernières heures", a-t-il estimé, faisant référence aux frappes samedi de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui ont fait des dizaines de tués parmi les soldats syriens dans l'est de la Syrie.

Cette opération, "non intentionnelle" et pour laquelle Washington a exprimé ses regrets, a fortement accru la tension entre Américains et Russes, qui soutiennent chacun deux camps opposés en Syrie.

Une réunion du Conseil de sécurité demandée par Moscou samedi soir après les frappes de la coalition contre l'armée syrienne a donné lieu "à un niveau d'invectives rarement atteint" entre les représentants russe et américain, selon une source diplomatique.

"Il faut que tous prennent leurs responsabilités, et recréer les conditions d'un cessez-le feu", a insisté M. Ayrault.

"Si quelque chose doit sortir de cette Assemblée générale (qui s'ouvre lundi à l'ONU), c'est un espoir pour la paix" en Syrie, a-t-il dit en exhortant chacun à mettre de côté "les arrière-pensées et les tactiques".

La situation en Syrie, où la guerre a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et où s'affrontent par alliés interposés puissances régionales et internationales, devrait dominer la semaine ministérielle de l'Assemblée générale de l'ONU, à partir de mardi.

Une réunion du Conseil de sécurité sur la crise syrienne est prévue mercredi.

Interrogé sur un projet de résolution condamnant l'usage d'armes chimiques en Syrie, toujours dans les limbes, M. Ayrault a assuré que la France "n'oubliait rien. Ce serait tragique que les Nations unies ferment les yeux sur l'usage des armes chimiques".

Un rapport de l'ONU a conclu début septembre que le régime syrien était responsable de deux attaques à l'arme chimique en 2014 et 2015, et le groupe jihadiste Etat islamique d'une attaque au gaz moutarde.

Washington, Paris et Londres ont promis que les responsables devraient rendre des comptes mais aucune résolution n'a pour le moment été présentée au Conseil de sécurité.

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