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17/09/2016 23:42 EDT | Actualisé 18/09/2017 01:12 EDT

Philippines : premier jour de liberté pour un Norvégien et trois Indonésiens libérés par Abou Sayyaf

Un otage norvégien et trois matelots indonésiens libérés par les islamistes d'Abou Sayyaf ont été remis dimanche à un émissaire du gouvernement philippin, quelques mois après la décapitation de deux Canadiens par le groupe extrémiste.

Kjartan Sekkingstad et les Indonésiens ont été remis à Jesus Dureza à Indanan, localité de l'île méridionale de Jolo, dans l'archipel de Sulu, rapporte un correspondant de l'AFP.

La remise des otages s'est produite dans un camp appartenant au chef rebelle musulman Nur Misuari, dont le mouvement a aidé à obtenir ces libérations, selon le gouvernement philippin.

C'est la fin d'une épreuve douloureuse pour l'otage norvégien, enlevé en septembre 2015 dans la luxueuse marina dont il était le gérant, en compagnie de trois autres otages par ce groupe qui s'est spécialisé dans les enlèvements crapuleux.

On ignorait pour l'heure si les otages indonésiens sont ceux qui avaient été enlevés en juillet dans les eaux malaisiennes alors qu'ils se trouvaient à bord d'un bateau de pêche.

Les anciens otages, Dureza et Misuari sont ensuite partis pour un camp de l'armée philippine, a ajouté le correspondant de l'AFP.

Selon l'armée, le Norvégien y subira une évaluation médicale et un debriefing avant d'embarquer dans un avion pour rencontrer le président philippin Rodrigo Duterte à Davao, la grande ville du sud du pays.

L'otage norvégien avait été enlevé avec deux Canadiens, Robert Hall et John Ridsdel et une Philippine, Marites Flor, la compagne de Robert Hall.

Abou Sayyaf a exécuté les deux Canadiens, en avril et en juin, lorsque les millions de dollars de rançon exigés n'avaient pas été versés. L'otage philippine avait été libérée en juin.

A Manille, Martin Andanar, porte-parole du président Duterte, a déclaré que le gouvernement maintenait sa politique de ne pas verser de rançon. "Maintenant, s'il y a une tierce partie, comme la famille, qui a payé, nous n'en savons rien", a-t-il dit à la presse.

Frode Andersen, porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, a déclaré à l'AFP que son gouvernement "ne payait pas de rançon dans ce cas comme dans tous les autres".

Cependant, un porte-parole d'Abou Sayyaf, cité par un quotidien de Manille dimanche, assure que 30 millions de pesos (560.000 euros) ont changé de mains. "Nous avons déjà reçu la rançon de 30 millions de pesos", a déclaré Muamar Askali au Philippine Inquirer.

Abou Sayyaf est une ramification extrémiste de l'insurrection séparatiste musulmane qui a fait plus de 100.000 morts depuis les années 1970 dans ce pays d'Asie du Sud-Est composé à très grande majorité de catholiques fervents.

Considéré comme une organisation terroriste par Washington, il a été fondé au début des années 1990 avec des financements du réseau Al-Qaïda.

Basé dans les îles reculées du sud des Philippines où la majorité des habitants sont musulmans, Abou Sayyaf a extorqué des millions de dollars de rançon et les analystes jugent qu'il s'agit plus d'un groupe crapuleux que d'un mouvement idéologique.

L'armée philippine mène l'offensive contre Abou Sayyaf dans le sud de l'archipel depuis le mois d'août et 15 soldats et 32 islamistes ont été tués.

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