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17/09/2016 22:12 EDT | Actualisé 18/09/2017 01:12 EDT

Philippines : le Norvégien libéré par Abou Sayyaf en route pour un camp militaire

L'otage norvégien libéré après une année passée aux mains des islamistes d'Abou Sayyaf est en route pour une base militaire philippine avant une rencontre prévue avec le président Rodrigo Duterte, ont annoncé dimanche les autorités.

Kjartan Sekkingstad doit être conduit dans un camp militaire de l'île de Jolo, dans l'archipel méridional de Sulu, où il fera l'objet d'une évaluation médicale et d'un debriefing, a déclaré à l'AFP le major Filemon Tan, porte-parole de l'armée.

Puis il embarquera dans un avion pour rencontrer le président philippin Rodrigo Duterte à Davao, la grande ville du sud du pays, selon le négociateur du gouvernement philippin Jesus Dureza.

C'est la fin d'une épreuve douloureuse pour l'otage norvégien, enlevé en septembre 2015 dans une luxueuse marina en compagnie de trois autres otages, dont deux ont été depuis décapités, par le groupe qui s'est spécialisé dans les enlèvements crapuleux.

"Il est en route pour rejoindre la force militaire de Sulu", a dit le major Tan, se refusant à préciser qui l'accompagnait.

Abou Sayyaf a remis samedi l'otage norvégien à Nur Misuari, chef d'un mouvement rebelle musulman qui a ouvert des négociations de paix avec Manille.

L'otage avait été enlevé avec deux Canadiens, Robert Hall et John Ridsdel et une Philippine, Marites Flor, la compagne de Robert Hall.

Abou Sayyaf a exécuté les deux Canadiens, en avril et en juin, lorsque les millions de dollars de rançon exigés n'avaient pas été versés. L'otage philippine avait été libérée en juin.

Le major Tan a dit ne pas savoir si une rançon avait été versée dans le cas du Norvégien. "Notre politique est de ne pas verser de rançon. Mais les versements éventuels ont lieu en dehors du cadre de l'armée et nous ne sommes pas au courant", a-t-il dit.

Cependant, un porte-parole d'Abou Sayyaf, cité par un quotidien de Manille dimanche, assure que 30 millions de pesos (560.000 euros) ont changé de mains. "Nous avons déjà reçu la rançon de 30 millions de pesos", a déclaré Muamar Askali au Philippine Inquirer.

Les porte-parole des gouvernements philippin et norvégien n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Abou Sayyaf est une ramification extrémiste de l'insurrection séparatiste musulmane qui a fait plus de 100.000 morts depuis les années 1970 dans ce pays d'Asie du Sud-Est composé à très grande majorité de catholiques fervents.

Considéré comme une organisation terroriste par Washington, il a été fondé au début des années 1990 avec des financements du réseau Al-Qaïda.

Basé dans les îles reculées du sud des Philippines où la majorité des habitants sont musulmans, Abou Sayyaf a extorqué des millions de dollars de rançon et les analystes jugent qu'il s'agit plus d'un groupe crapuleux que d'un mouvement idéologique.

L'armée philippine mène l'offensive contre Abou Sayyaf dans le sud de l'archipel depuis le mois d'août et 15 soldats et 32 islamistes ont été tués.

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