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18/09/2016 07:09 EDT | Actualisé 19/09/2017 01:12 EDT

La frappe contre l'armée syrienne était "délibérée" (conseillère d'Assad)

La conseillère du président syrien Bachar al-Assad a affirmé dimanche que la frappe de la coalition internationale la veille contre l'armée syrienne était "délibérée" mais a souligné que son pays restait engagé par le cessez-le-feu.

"Nous pensons que le raid était délibéré car aucun fait sur le terrain ne montre que ce qui s'est passé était une erreur ou un accident", a déclaré à l'AFP Bouthaina Chaabane, jointe par téléphone à Damas.

Les frappes de la coalition antijihadiste conduite par les Etats-Unis contre une position de l'armée à Deir Ezzor, dans l'est du pays, ont fait samedi au moins 90 morts, selon un nouveau bilan établi dimanche par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Tout était prémédité. Daech (acronyme arabe du groupe jihadiste Etat Islamique EI) était au courant et quand il a avancé, les raids se sont arrêtés", a-t-elle assuré.

L'EI a profité du raid meurtrier de la coalition pour avancer sur le mont Thourda, une colline stratégique qui domine l'aéroport militaire tenu par le régime. Si l'EI en prenait le contrôle, son artillerie mettrait en danger les avions qui décollent de l'aéroport.

Interrogée par l'AFP sur le fait qu'elle croyait ou non à une complicité entre les Etats-Unis et l'EI, la conseillère a répondu "même la Russie est arrivée à la conclusion terrifiante qu'il existe une collusion".

"Depuis le début de l'intervention américaine, nous répétons qu'elle n'est pas dirigée contre Daech. Ils ne frappent pas Daech (...) Il n'y a que les forces russes qui le frappent", insiste Mme Chaabane.

Le raid meurtrier a fragilisé la trêve initiée par les Etats-Unis et la Russie et entrée en vigueur lundi dernier.

"Nous sommes engagés par la trêve qui continuera jusqu'à son expiration. Peut-être qu'ensuite elle sera prolongée, peut-être qu'il y aura un autre accord. La situation politique est très mouvante", a assuré la conseillère du président syrien.

La Russie avait affirmé vendredi être prête à prolonger la trêve de 72 heures mais les Etats-Unis ne s'étaient pas prononcés officiellement.

L'armée syrienne avait pour sa part annoncé lundi dernier qu'elle gelait ses opérations militaires pour une semaine, c'est à dire jusqu'à lundi soir. Aucune indication n'a été donnée par Damas sur une éventuelle prolongation de cette suspension.

"Ce qui est inquiétant, ce sont les conséquences (du raid) sur l'accord russo-américain", a-t-elle ajouté. "Je crois que certains éléments aux Etats-Unis ne veulent pas de cet accord."

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