NOUVELLES
18/09/2016 08:48 EDT | Actualisé 19/09/2017 01:12 EDT

Faible participation aux législatives en Russie, victoire attendue du parti de Poutine

Les Russes étaient peu nombreux à voter dimanche lors de législatives que le parti pro-Kremlin Russie Unie devrait remporter sans surprise, permettant à Vladimir Poutine de préparer sereinement son éventuelle candidature en 2018 pour un 4e mandat présidentiel.

A moins de deux heures de la clôture des bureaux de vote, la participation était en nette baisse par rapport aux législatives précédentes, en 2011. A 18H00 (15H00 GMT), elle s'élevait ainsi à moins de 40% selon la commission électorale centrale, contre plus de 51% il y a cinq ans.

Dans les deux principales villes du pays, Moscou ou Saint-Pétersbourg, la participation était encore plus faible, à la fois par rapport à la tendance nationale et aux précédentes législatives. Cette participation modeste intervient après une campagne morne dans un pays en récession depuis dix huit mois.

Les premiers sondages de sortie des urnes sont attendus après la clôture du vote à 18H00 GMT à Kaliningrad, enclave russe au coeur de l'Union européenne.

"Je savais pour qui voter. Vous êtes sûrement au courant", a lancé Vladimir Poutine après avoir déposé son bulletin dans un bureau de vote de Moscou.

Contrairement aux élections législatives de septembre 2011, marquées par des fraudes et à la suite desquelles des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue, le Kremlin a voulu donner plus de transparence au processus électoral.

Le président russe a ainsi placé à la tête de la commission électorale centrale l'ex-déléguée aux droits de l'homme auprès du Kremlin, Ella Pamfilova, pour remplacer Vladimir Tchourov accusé par l'opposition d'avoir manipulé les résultats de plusieurs élections.

Les travaux de la commission électorale étaient diffusés en direct sur la chaîne publique d'information en continu et - fait nouveau par rapport aux scrutins des années passées - les éventuelles fraudes ouvertement discutées. Ella Pamfilova interrogeait plusieurs chefs de commissions électorales régionales où des candidats de l'opposition ont dénoncé des violations, notamment des bourrages d'urnes, et assurait que les images de fraudes seraient transmises à la police.

Mme Pamfilova a promis que les autorités enquêteraient sur des soupçons de fraudes à Barnaoul (Sibérie) et que la commission électorale centrale "pourrait réfléchir à annuler les élections" dans la région si ceux-ci étaient confirmés.

- Premier vote russe en Crimée -

Ces élections se déroulent alors que le pays traverse une profonde crise économique. La chute du prix des hydrocarbures et les sanctions occidentales faisant suite à la crise ukrainienne ont provoqué la plus longue période de récession depuis l'entrée de Vladimir Poutine en politique, en 1999.

Le scrutin intervient par ailleurs dans un contexte politique exceptionnel: c'est la première consultation à l'échelle nationale depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée, le déclenchement du conflit dans l'est séparatiste de l'Ukraine et la dégradation des relations de Moscou avec les Occidentaux qui a suivi.

"La campagne électorale était inintéressante. Ils promettent tous beaucoup, mais rien ne change", a regretté Alexandre, un retraité qui assure être venu malgré tout à son bureau de vote de Moscou pour que "les autres ne choisissent pas" à sa place.

A Saint-Pétersbourg, Dmitri Pribytkov, 47 ans, évoque, lui, un scrutin "absolument prévisible". "C'est mon pays, et je dois donner mon avis. Au moins, on me le demande -- formellement, en tout cas", ajoute-t-il.

Le vote fait office de test en Crimée, où les habitants participent pour la première fois à une élection russe. "Je suis allé voter et tous mes proches et voisins aussi. Nous sommes pour la Russie", a déclaré Valentina, une retraitée de la péninsule, tandis que les représentants de la communauté tatare de Crimée, minorité musulmane opposée à l'annexion, ont appelé au boycott.

Les 110 millions d'électeurs doivent également renouveler certains parlements régionaux et élire leurs gouverneurs. A ce titre, le président tchétchène Ramzan Kadyrov fait face pour la première fois à ces électeurs depuis sa nomination à ce poste par le Kremlin en 2007.

L'opposition libérale, qui a cette fois eu l'occasion de présenter beaucoup plus de candidats que lors du scrutin précédent en 2011 et de diffuser ses clips de campagne à la télévision, a échoué à surmonter ses querelles internes et n'a pu présenter une liste commune.

pop-mp/tbm/kat/mr