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18/09/2016 06:08 EDT | Actualisé 18/09/2016 06:09 EDT

Elvis Gratton : «On m'en parle encore à tous les jours!»

Il était touché et ému hier. Le comédien Julien Poulin a été honoré samedi au Festival du film de la ville de Québec (FCVQ) lors de la présentation de l’ultra-mythique Elvis Gratton devant une assistance conquise où se trouvait aussi Jules, le fils du regretté réalisateur Pierre Falardeau.

D’entrée de jeu, Poulin s’est dit totalement surpris du succès du film qui est en fait la compilation de trois courts-métrages, Elvis Gratton (1981), les Vacances d’Elvis Gratton (1983) et Pas encore Elvis Gratton (1985), tous regroupés sous le fameux titre Elvis Gratton, le king des kings.

«C’est surprenant, les gens m’arrêtent et m’en parlent encore. Des plus jeunes aussi. C’est étonnant et plutôt particulier comme contact. Je suis surpris, car on est en 2016 et l’on m’en parle à tous les jours», a lancé en entrevue Julien Poulin après avoir pris la pose devant son célèbre costume scintillant d’Elvis Gratton, exposé pendant le temps du festival dans le hall du Cabaret du Capitole.

D'ailleurs, on apprend que certains admirateurs n'hésitent pas à lui demander de refaire des mouvements à la Gratton ou de réciter les phrases connues du célèbre personnage (j’ai un gros garage, la tirade du Canadien-Français, Y l’ont tu l’affaire les Américains, etc.).

«Je ne suis pas responsable de cela. Et ce n’est pas parce qu’on m’aborde, que je vais performer à tout coup, a-t-il expliqué. Des fois, on est plus fatigué. Mais je fais mon possible pour participer à l’hommage personnel du public. C’est sûr que c’est fantastique que le personnage ait autant perduré. Je ne cours pas après les hommages, mais Québec voulait en faire un et j’ai décidé de participer.»

Souvenirs de tournage

Il a également raconté les dessous de la création du film culte. Lui et son ami Pierre Falardeau, avec lequel il avait auparavant travaillé sur le film Pea Soup, avaient imaginé un personnage représentant ces Québécois colonisés, peu fiers de leur culture, de leur langue et de leur territoire et qui avaient voté non au Référendum de 1980.

Le personnage est évidemment tiré à gros trait. Il reste que Falardeau et Poulin avaient convenu de faire une comédie. On entend donc Gratton râler contre les assistés sociaux, les séparatistes, les communistes. Son discours: celui de la droite américaine, sans nuance. Le genre de propos qu’on entend parfois dans certaines radios de la Capitale nationale.

«On a fait cela en 1981 avec les moyens du bord. C’était une réponse au référendum. On a créé un personnage caricatural pour illustrer l’aliénation du peuple québécois qui a refusé de faire du Québec un pays. C’est resté et c’est devenu un souvenir de famille», s’est rappelé Poulin qui n’a toutefois pas voulu dire si le rôle d’Elvis Gratton a été dur à porter durant sa carrière.

Au début, les bailleurs de fonds proposaient de faire un court-métrage pour que les deux comparses se fassent la main. De fil en aiguille, les petits segments – tout aussi grotesques les uns que les autres – se sont ajoutés pour créer le premier film. Au total, les trois chapitres auront coûté moins de 500 000 $. C’est une version restaurée par l’organisme Éléphant qui a été présentée samedi.

Aujourd’hui, Poulin dit toujours croire à la souveraineté du Québec. «Je le souhaite et je l’espère de tout mon cœur.»

Dans la salle, juste avant la présentation du film, le fils de Pierre Falardeau a raconté que son père a dû remplacer, au pied levé, le comédien qui devait faire le photographe. Une scène importante dans laquelle Gratton montre l’étendue de sa bêtise et de ses préjugés. «Les souliers étaient trop petits pour mon père!», a relaté Jules qui est aussi cinéaste.

Ce dernier présentait d’ailleurs en programme d'ouverture un court-métrage Just watch me, une satire sur l’insignifiance en politique et l’électorat.

«Cela me touche de recevoir cet hommage devant le fils de Pierre Falardeau», a ajouté Poulin. Après avoir répondu aux questions du public, l’homme de 70 ans s’est retiré sous les applaudissements des festivaliers.

Le Festival de cinéma de la ville de Québec se poursuit jusqu’au 24 septembre.

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