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16/09/2016 00:36 EDT | Actualisé 16/09/2017 01:12 EDT

Un Canadien accusé d'espionnage relâché par la Chine

Un Canadien arrêté en 2014 dans le nord de la Chine et inculpé pour espionnage a été libéré et a pu rentrer jeudi à Vancouver, a annoncé sa famille.

"Nous sommes heureux que Kevin Garratt soit revenu en toute sécurité au Canada et qu'il soit de nouveau en compagnie de sa famille", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau.

Kevin Garratt et son épouse Julia Dawn Garratt avaient été arrêtés il y a un peu plus de deux ans à Dandong, ville du nord-est de la Chine, à la frontière avec la Corée du Nord.

Le Canadien avait été "écroué au motif d'espionnage et de vol de secrets d'Etat", avait indiqué en février 2015 le ministère chinois des Affaires étrangères, date à laquelle son épouse avait été libérée dans l'attente du procès.

"Mardi 13 septembre, le tribunal de Dandong (Chine) a rendu sa décision dans l'affaire contre Kevin Garratt", selon le communiqué de la famille transmis par leur avocat.

Ce jeudi, Kevin Garratt "a été expulsé de Chine et est rentré au Canada pour être avec sa famille et ses amis", indique-t-il.

Fin août à l'occasion d'une visite officielle à Pékin, le Premier ministre Justin Trudeau avait "attiré l'attention" des autorités chinoises sur le dossier Garratt comme sur les droits de l'homme en général en Chine.

La libération de ce ressortissant canadien intervient à moins d'une semaine de l'arrivée à Ottawa du Premier ministre chinois Li Keqiang.

La Chine, deuxième partenaire commercial du Canada derrière les Etats-Unis, a fortement poussé pour que le Canada rejoigne la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII), créée par Pékin et décriée par les Etats-Unis.

De son côté, le nouveau Premier ministre libéral Justin Trudeau entend renforcer les échanges commerciaux avec la Chine.

La libération de Kevin Garratt s'inscrit donc dans un contexte de réchauffement diplomatique.

La famille, dans son communiqué, a demandé aux médias de préserver leur intimité en assurant qu'elle s'exprimerait "dans les prochaines semaines", soit après la visite de Li Keqiang au Canada.

"Le gouvernement du Canada a été saisi au plus haut niveau de ce dossier" avec le travail des services consulaires, a souligné Justin Trudeau dans un communiqué.

Le couple Garratt s'était installé en Chine en 1984, où ils ont entre autres enseigné l'anglais et ouvert un "jardin d'enfants" destiné à aider des orphelins, avait expliqué leur fils Simeon Garratt.

Ouvertement chrétiens, les époux Garrattt avaient ensuite ouvert un café à Dandong, localité de la province du Liaoning, dont le site internet mentionnait qu'il constituait "une étape parfaite sur la route du Royaume ermite" puisqu'il était "à quelques mètres de la Corée du Nord".

Dans la ville de Dandong, diverses organisations chrétiennes - notamment sud-coréennes - sont actives dans l'assistance aux réfugiés nord-coréens passant illégalement la frontière.

Simeon Garratt avait expliqué en 2014 que ses parents envoyaient des provisions à des populations "paupérisées" et "négligées" en Corée du Nord. Il avait aussi qualifié d'"absurde" le motif d'inculpation pour espionnage.

Le ministère chinois des Affaires étrangères, de son côté, a simplement indiqué vendredi que la Cour populaire intermédiaire de Dandong avait rendu sa décision mardi sur le cas de M. Garratt.

"La Chine est un pays régi selon le droit", a ajouté la déclaration du ministère, assurant que les organes judiciaires chinois avaient traité le cas "conformément à la loi" et avaient garanti les droits légaux du prévenu.

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