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16/09/2016 07:32 EDT | Actualisé 17/09/2017 01:12 EDT

Sérieux accrocs en Syrie malgré la trêve, réunion du Conseil de sécurité

La trêve initiée lundi par les Etats-Unis et la Russie a connu vendredi ses plus sérieux accrocs avec des bombardements aériens et de violents combats, à quelques heures d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui doit se prononcer sur cette initiative.

La Russie a affirmé vendredi que seul "un des belligérant", les forces du régime syrien et l'armée russe, respectaient réellement le cessez-le-feu proposant de le reconduire de 72 heures.

A la périphérie de Damas, l'armée syrienne a bloqué une tentative des rebelles d'entrer dans la capitale via le quartier de Jobar, selon une source militaire qui a fait état "d'affrontements intenses et de tirs de roquettes". Jobar est aux mains de factions rebelles alliées au groupe jihadiste Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) présent dans ce quartier.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les rebelles ont perdu trois hommes dans cette attaque.

En outre, dans la province d'Idleb (nord-ouest), l'OSDH a enregistré les premières victimes civiles depuis l'entrée en vigueur de la trêve. Trois personnes, dont deux enfants, ont péri à Khan Cheikhoun, une localité rebelle, dans des frappes menées par des avions non identifiés.

En outre, un autre raid a visé dans la province d'Alep la localité d'Atareb, une place forte des rebelles. Dans les deux cas, on ignore qui sont les auteurs des frappes.

Il n'en reste pas moins que le niveau des violences a sensiblement baissé sur l'ensemble des fronts, à la faveur de l'accord russo-américain qui vise à favoriser une solution au conflit très complexe qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011.

- Aide humanitaire bloquée -

Le Conseil de sécurité veut examiner vendredi l'opportunité de soutenir cet accord, lors d'une réunion à huis clos à 21H30 GMT en présence des chefs de diplomatie américaine John Kerry et russe Sergueï Lavrov, artisans de cette entente, selon des diplomates.

Le même jour, le président américain Barack Obama doit réunir son équipe de sécurité nationale, dont John Kerry et le secrétaire à la Défense Ashton Carter, pour faire le point sur l'accord.

Dans la foulée de la trêve, l'accord prévoit la livraison d'aide humanitaire aux villes assiégées, à commencer par le secteur rebelle d'Alep, principal front du conflit, où les quelque 250.000 habitants manquent de tout.

Faute de garanties de sécurité, des camions remplis de nourriture et de médicaments pour les habitants d'Alep sont toujours bloqués dans une zone tampon entre les frontières turque et syrienne.

"Le défi auquel nous continuons de faire face est de s'assurer que toutes les parties au conflit et ceux qui ont de l'influence sur elles se mettent d'accord", a dit David Swanson, un porte-parole de l'ONU. "C'est terriblement frustrant".

Pour accéder aux populations dans la zone rebelle d'Alep, l'accord prévoit la démilitarisation de la route du Castello au nord de la ville.

Mais selon un correspondant de l'AFP, aucun mouvement n'avait été enregistré sur cet axe routier en milieu de journée. L'OSDH a affirmé que les troupes du régime y étaient toujours déployées bien que la Russie a soutenu qu'elles avaient commencé à s'en retirer.

- Frictions américano-russes -

Ce blocage a donné lieu à des frictions entre Washington et Moscou, soutiens respectifs de la rébellion et du régime.

"A l'heure qu'il est, les camions qui pourraient acheminer de l'aide vitale attendent. Cela relève de la responsabilité directe du régime et de ses bienfaiteurs à Moscou", a dit la Maison Blanche.

Le Pentagone a souligné qu'il n'y aurait pas de coopération militaire avec Moscou en Syrie tant que l'aide n'aura pas été débloquée.

Une cessation des hostilités pendant sept jours, devra selon l'accord, permettre la création d'un centre inédit de coordination militaire entre Moscou et Washington pour frapper les groupes jihadistes Etat islamique (EI) et Front Fateh al-Cham.

"Bien que le cessez-le-feu soit un accord bilatéral, seul un des belligérant le respecte véritablement", a déclaré dans un communiqué le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense. Il a indiqué que son pays était prêt à une prolongation de la trêve de 72 heures.

La Russie accuse aussi Washington de ne pas faire assez de pression sur les rebelles pour qu'ils prennent leurs distances avec le Front Fateh al-Cham.

Or, les rebelles comptent sur l'aide de Fateh al-Cham, aguerri et bien organisé, dans toute bataille contre le régime. De plus, ils contrôlent avec ce groupe jihadiste de vastes régions dans les provinces d'Alep, d'Idleb et de Damas.

Les régions sous contrôle des jihadistes sont exclues de l'accord de trêve et continuent d'être la cible de frappes aériennes russes, du régime syrien et de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

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