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16/09/2016 02:11 EDT | Actualisé 17/09/2017 01:12 EDT

Portugal: l'ex-Premier ministre Socrates se dit victime d'un "abus de pouvoir"

L'ex-Premier ministre portugais José Socrates, mis en examen pour corruption et blanchiment d'argent, a accusé vendredi la justice de commettre un "abus de pouvoir" en s'accordant un délai supplémentaire de six mois pour conclure son enquête.

"Cela représente une violation de la loi démocratique et des normes pénales, c'est un abus de pouvoir", a déclaré le chef du gouvernement socialiste au pouvoir entre 2005 et 2011, dans un entretien à la radio d'information TSF.

M. Socrates, 59 ans, a été arrêté en novembre 2014 et mis en examen pour corruption, blanchiment d'argent et fraude fiscale aggravée. Il a passé plus de neuf mois en détention provisoire avant d'être assigné à résidence puis remis en liberté en octobre dernier.

Le Parquet général de la République avait annoncé mercredi avoir accordé un délai supplémentaire de six mois pour permettre au Département central d'enquête et action pénale (DCIAP), l'unité du ministère public chargée des grands dossiers politico-financiers, de formuler un acte d'accusation ou de prononcer un non-lieu.

Pour obtenir ce nouveau délai, qui s'étend jusqu'à la mi-mars et pourrait être de nouveau dépassé mais "seulement à titre très exceptionnel", les enquêteurs ont invoqué des "circonstances impondérables et extraordinaires qui empêchaient la conclusion de l'enquête", a expliqué le Parquet général dans un communiqué.

Parmi ces circonstances, le ministère public a notamment cité la découverte de "nouveaux faits susceptibles d'être inclus dans le dossier" et des démarches incomplètes dans le cadre des demandes de coopération internationale adressées à la Suisse et au Royaume-Uni.

Ouverte en juillet 2013, l'enquête compte à ce stade 18 personnes mises en examen, plus de 150 perquisitions et près de 130 dépositions ou interrogatoires, a précisé le Parquet général.

M. Socrates, qui ne cesse de clamer son innocence, est soupçonné d'avoir perçu d'importantes sommes d'argent par l'intermédiaire d'un ami d'enfance, l'homme d'affaires Carlos Santos Silva qui, selon les enquêteurs, serait en fait son homme de paille.

tsc/at

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