POLITIQUE
16/09/2016 04:25 EDT | Actualisé 16/09/2016 04:26 EDT

Le PQ mourra d'ici 2034, prévoit une étude du Centre pour l'étude de la citoyenneté démocratique

QUÉBEC – Le parti de René Lévesque disparaîtra d’ici 18 ans, dans le «meilleur des cas».

C’est la conclusion à laquelle en sont venus deux chercheurs du Centre pour l’étude de la citoyenneté démocratique, Éric Bélanger et Valérie-Anne Mahéo. L’organisme regroupe des chercheurs de divers établissements d’enseignement supérieur, dont l’Université McGill et l’Université de Montréal.

En se basant sur les résultats électoraux de la formation politique depuis 1970, les auteurs affirment que le Parti québécois est un parti «générationnel» qui périclitera avec le déclin des baby-boomers. La génération Y, elle, n’adhère pas au projet d’indépendance.

Ainsi, les appuis au parti devraient continuer à fondre graduellement jusqu’à sa disparition de la scène électorale d’ici 2034, estiment les auteurs de l’étude. «Selon les données sociodémographiques et attitudinales des générations, ce serait le meilleur des cas pour le PQ, mais ça pourrait arriver avant», dit Valérie-Anne Mahéo, chercheure postdoctorale au département de science politique de l’Université de Montréal.

Seul bémol dans les conclusions de l’étude : les relations provincial-fédéral. «C’est sûr que s’il y avait à nouveau des relations conflictuelles avec Ottawa, que les enjeux constitutionnels revenaient sur la table, peut-être qu’il y aurait à nouveau matière à mobiliser les jeunes générations pour l’option souverainiste, pour l’option de l’indépendance», précise la chercheure.

Fossé générationnel

L’étude, qui sera dévoilée officiellement le 23 septembre prochain, souligne que «70,3% des baby-boomers se disent être très attachés au Québec, la même chose est vraie pour seulement 44,4% des membres de la génération Y».

Ces intérêts divergents se sont reflétés dans l’urne aux dernières élections : «36,5% des baby-boomers ont voté pour le PQ, comparativement à 22,6% pour la génération Y», notent les auteurs.

Outre l’attachement au Québec, plusieurs phénomènes expliquent ce désintérêt des jeunes électeurs (18-34 ans en 2014) pour le PQ : ils n’ont pas connu les mêmes niveaux d’inégalités linguistiques et économiques que les baby-boomers, ils n’ont pas participé à la mobilisation des deux référendums, et ils sont préoccupés par d’autres thèmes, comme l’environnement.

L’appui à l’indépendance recueille 30% chez les Y (35% pour les baby-boomers), mais l’enjeu est «très important» pour seulement 21% d’entre eux. Plus étonnant, la recherche de pouvoirs supplémentaires pour le Québec obtient la faveur de 60% des plus âgés, mais seulement 44% des plus jeunes.

Fait intéressant, toutefois, les deux groupes s’identifient en tant que «d’abord Québécois» dans une même proportion, soit 56%.

L’étude se base sur un sondage mené par la firme Léger quelques jours après les élections générales de 2014 auprès de 1 517 adultes québécois.

Rejoindre les jeunes

Pour Valérie-Anne Mahéo, la fracture entre le PQ et la jeune génération semble insurmontable. «Le PQ fait face à un grand défi pour aller rejoindre les membres de la génération Y parce que c’est une génération qui ne donne pas forcément priorité au projet d’indépendance du Québec, souligne-t-elle. Or, c’est quand même le premier article du programme du PQ et son objectif premier. Alors, il y a un fossé.»

Le parti est également confronté à un paradoxe, estime la chercheure. Les baby-boomers qui l’appuient sont sociaux-démocrates, tandis que ses jeunes partisans sont plus à droite. «Pour aller rejoindre ces deux populations-là, le PQ est un peu obligé de faire un grand écart», souligne-t-elle.

L’épisode de la Charte des valeurs a également contribué éloigner les jeunes du Parti québécois. «Beaucoup de jeunes ont été rebutés par le projet de charte, dit Valérie-Anne Mahéo. Ils sont plus ouverts que les baby-boomers à la diversité, alors, avec ce projet de charte qui était plus exclusif qu’inclusif, on se demande si ça va marquer les gens et si le PQ serait capable de retourner chercher ces électeurs-là. On a vu dans les vox pop, les commentaires, plusieurs jeunes de la génération Y dire ‘moi, plus jamais’».

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