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16/09/2016 02:02 EDT | Actualisé 17/09/2017 01:12 EDT

Birmanie: sept militaires condamnés pour le meurtre de villageois

Sept militaires birmans ont été condamnés à cinq années de prison pour le meurtre en juin de villageois lors d'un interrogatoire, une décision exceptionnelle dans un pays où l'armée a longtemps agi en toute impunité.

L'armée birmane, appelée Tatmadaw, a régné en maître sur le pays pendant près de 50 ans et a souvent été accusée de meurtres et viols entre autres exactions, notamment dans les régions frontalières où elle affronte des guérillas ethniques.

"Sept soldats de l'armée birmane ont été condamnés pour avoir tué des villageois à Mong Yaw dans la région de Lashio en Etat Shan. Ils doivent tous être condamnés à cinq années de prison avec travaux forcés", a indiqué l'armée dans un communiqué tard jeudi soir sur Facebook.

D'après l'armée, quatre des condamnés étaient officiers.

Dans cette région pauvre et ravagée par la guerre dans le nord de l'Etat Shan, des milliers de personnes ont dû fuir ces derniers mois en raison des conflits entre l'armée et les groupes rebelles.

En juin, après des escarmouches entre l'armée et des rebelles de l'Etat Shan, cinq villageois avaient été arrêtés. Quelques jours plus tard, leurs corps avaient été retrouvés dans des fosses creusées à la hâte à la sortie du village.

D'après l'armée, quatre des condamnés étaient officiers.

Il est extrêmement rare que l'armée birmane reconnaisse la responsabilité de ses soldats dans ce type d'affaire.

Un signe d'après les associations de défense des droits de l'Homme que cette dernière semble aujourd'hui plus sensible à son image, avec l'arrivée au pouvoir du premier gouvernement civil depuis des décennies.

Après une victoire écrasante en novembre 2015 lors des premières élections libres depuis un demi-siècle, le parti d'Aung San Suu Kyi a pris les rênes du pays en mars mais doit composé avec l'armée qui a cadenassé le système politique et compte notamment un quart de députés non élus à l'assemblée.

L'armée reste aussi très présente dans les zones frontalières où elle affronte des guérillas ethniques depuis des décennies. Aung San Suu Kyi, qui a fait de la fin de ces guerres civiles l'une de ses priorités, a récemment réuni les principaux groupes en présence du chef de l'armée.

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