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14/09/2016 08:07 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

Tunisie/social: menace d'aggravation de la crise du tourisme (hôteliers)

La Fédération de l'hôtellerie (FTH) a mis en garde mercredi contre une aggravation de la crise du secteur touristique en Tunisie alors qu'un appel à la grève a été lancé par le syndicat UGTT pour satisfaire des revendications salariales.

La puissante centrale syndicale a appelé à une grève générale samedi et dimanche prochains et réclamé une hausse des salaires de 6% pour tous les employés du secteur, évoquant le renchérissement du coût de la vie.

Ce mouvement social pourrait avoir "des répercussions très négatives", a toutefois prévenu lors d'une conférence de presse le président de la FTH, Radhouane Ben Salah.

"Nous sommes arrivés à un point où il est impossible pour nous de répondre positivement à toute demande d'augmentation (...). La saison 2015 a été catastrophique et celle de 2016 n'est pas meilleure", a-t-il fait valoir.

Déjà touché par l'instabilité ayant suivi la révolution de 2011, le secteur traverse une grave crise depuis les attaques jihadistes sanglantes l'an dernier contre le musée du Bardo et sur une plage de Sousse (60 morts dont 59 touristes étrangers).

Le tourisme représente en temps normal quelque 7% du PIB tunisien et 400.000 emplois directs et indirects. Mais les arrivées sont en chute libre depuis un an, malgré l'apport du tourisme local, des visiteurs algériens et un afflux de la clientèle russe.

Les marchés traditionnels (Grande-Bretagne et, à un degré moindre, France) sont particulièrement touchés.

Des dizaines d'unités ont été contraintes de fermer leurs portes l'hiver dernier, et certains n'ont pas rouvert depuis.

M. Ben Salah a notamment noté que la Tunisie avait enregistré 16 millions de nuitées en 2015, contre 29 million en 2014 soit une baisse de plus de 30%. Les recettes ont été de 2,3 milliards de dinars en 2015 (un milliard d'euros environ) contre 3,6 milliards (1,45 md EUR) l'année précédente.

"Comment peut-on parler d'augmentation alors que les résultats des hôtels, de tous les hôtels sont négatifs?", a-t-il clamé.

"Il y a beaucoup de discours sur la relance mais concrètement le tourisme est parmi les secteurs oubliés par le gouvernement et cela nous fait beaucoup de mal", a encore déploré le patron des hôteliers tunisiens, citant parmi les principaux fléaux l'insécurité mais aussi "la situation environnementale".

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