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14/09/2016 06:59 EDT | Actualisé 14/09/2016 07:00 EDT

Roch Voisine prépare son concert avec l'OSM... et un nouvel album original!

Jean-Charles Labarre

Si l’OSM fait souvent vivre aux interprètes populaires une première expérience symphonique, il n’en est rien pour Roch Voisine. Ayant souvent eu l’occasion de tourner avec des orchestres à travers l’Europe et le Canada, le chanteur s’offre toutefois une première visite à la Maison symphonique, les 27 et 28 septembre. Il se consacrera ensuite à la création d’un nouvel album de chansons originales, une première depuis la sortie québécoise de Confidences en 2012.

Quand on évoque le clivage entre l’univers classique et le milieu populaire, l’auteur-compositeur-interprète se rappelle du sentiment de «p’tit jeune» qui l’habitait lors de ses premières expériences.

«J’avais l’impression que je devais me prouver un peu. Moi, je viens du pop et du rock, et mon allure est loin de celle des musiciens classiques. Mais à la fin d’un concert, après des heures de répétitions, ma plus belle récompense était de voir les yeux des musiciens changer. Aujourd’hui, il faut encore s’apprivoiser, mais je sens qu’ils ont du respect pour moi.»

Un apprivoisement impératif, surtout que le chanteur n’est pas seul maître à bord. «Le chef d’orchestre est un intermédiaire de plus dans le spectacle. Il lance et dirige ses 80 musiciens, mais c’est quand même moi qui dois leader. C’est un gros bateau qui décolle et qui ne freine pas vite. Il faut être conscient de ça.»

Un velours symphonique

Impossible d’improviser comme il le ferait dans ses spectacles solos. «Dans un band, si tu te trompes ou que tu changes un passage, les gars te rattrapent facilement. Mais avec un orchestre, il faut absolument être fidèle aux partitions. C’est un peu restrictif, mais quand on est lancé, c’est magnifique! Et quand les musiciens jouent ta musique, ça fait un petit velours.»

Les admirateurs de Voisine ne doivent toutefois pas espérer une version en concert de l’album Duophonique, où il chantait certains de ses succès en duo avec Cœur de Pirate, Patricia Kaas, Véronic Dicaire, Isabelle Boulay, Maurane et Lynda Lemay, accompagnés d’un orchestre.

Afin d’offrir deux concerts uniques, en compagnie de Jean-François Breau, Patrick Normand et une invitée surprise, la méga star a fouillé parmi les 450 chansons qu’il a enregistrées.

Même s’il veut garder un effet de surprise pour les spectateurs, il a confirmé qu’il allait chanter quelques incontournables (Hélène, I’ll always be there, Darling, Kissing Rain, Je resterai là, La légende d’Oochigeas), des chansons peu connues et jamais interprétées sur scène, ainsi qu’un titre jamais endisqué, qui ont tous en commun d’avoir été réarrangés par le chef Simon Leclerc.

«Simon a ajouté un côté lyrique qui me fait penser à plusieurs classiques de Broadway, avec de belles mélodies bien soutenues par un orchestre. Je verrais facilement plusieurs de mes chansons jouées comme ça dans un musical.»

30 ans de carrière

Début octobre, Roch Voisine s’envolera pour l’Europe, où il travaillera sur un nouvel album en français qui sortira au printemps 2017. Un opus avec lequel il compte retrouver ses couleurs originales. «Je veux revenir à mon image, à ma voix et à ma façon de chanter, tout en étant ouvert aux idées de jeunes créateurs français et québécois. J’ai envie de renouer avec l’univers de Roch Voisine en 2017, après m’être promené à gauche et à droite.»

Ceci étant dit, n’allez pas croire qu’il regrette les trois volets Americana, son album de duos et son aventure avec Garou et Corneille, les Forever Gentlemen, au cours des huit dernières années. «Je n’ai pas la fausse pudeur d’un auteur-compositeur-interprète qui ne fait rien d’autre que du je-me-moi. J’aime chanter les chansons des autres et coécrire. Je ne m’enferme pas dans un cocon.»

En réalité, ses digressions des dernières années sont une conséquence indirecte du succès foudroyant qui l’a happé en 1986. «J’ai commencé dans la chanson avec un succès phénoménal et j’ai enligné mes titres depuis 30 ans. Je n’ai pas fait les bars quand j’étais jeune, puisque j’allais à l’université et que je jouais au hockey. Alors, je n’ai pas eu l’expérience de faire les chansons des autres.»

Homme d’affaires avisé, il a également trouvé un moyen de composer avec le déclin des ventes de disques. «L’industrie vit une catastrophe et c’est très, très difficile. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Mais je n’ai jamais senti que je faisais des albums de Noël, de duos, des Americana ou Forever pour gagner ma vie. J’aime chanter ça autant que les gens aiment écouter. N’empêche, il faut être intelligent et essayer de trouver des solutions aux changements de l’industrie en choisissant ses projets comme il faut.»

D’ici à ce que le public puisse découvrir ses nouvelles chansons, Roch Voisine poursuivra la tournée québécoise de Forever Gentlemen partout au Québec jusqu’en mars 2017.

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