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14/09/2016 11:10 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

Pas de "plan B" en Ukraine, avertissent Paris et Berlin

Les ministres français et allemand des Affaires étrangères ont averti mercredi l'Ukraine qu'il n'y avait pas de "plan B" pour mettre fin au conflit dans l'est de ce pays et qu'il fallait donc s'en tenir aux accords de paix de Minsk.

Au cours de leur deuxième visite commune à Kiev depuis février, les deux responsables ont aussi tenté de relancer la dynamique de ces accords, dont la mise en oeuvre "avance à pas d'escargot", a déploré le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier.

"Il n'y a pas d'alternative, il n'y a pas de plan B. Les accords de Minsk doivent être mis en oeuvre", a martelé le ministre français Jean-Marc Ayrault, relayé par son homologue allemand, à l'issue d'un entretien avec le président ukrainien Petro Porochenko.

Malgré l'instauration de plusieurs trêves, la dernière en date remontant au 1er septembre à l'occasion de la rentrée scolaire, les affrontements se sont poursuivis dans l'est de l'Ukraine, où le conflit entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses a fait plus de 9.500 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

Mercredi, le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Lyssenko, a encore fait état de la mort d'un soldat au cours des dernières 24 heures, un autre ayant été blessé.

Paris et Berlin tablent pourtant sur une nouvelle trêve et la signature prochaine d'un accord de démilitarisation dans trois zones pilotes pour relancer le processus de paix et permettre l'organisation d'un sommet des dirigeants français, russe, allemand et ukrainien à l'automne.

"Il faut avancer de façon concrète pour que ce sommet puisse avoir lieu et ait surtout un sens et une utilité", a insisté M. Ayrault.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie française a espéré la conclusion la semaine prochaine de l'accord sur un désengagement dans les trois zones choisies. "S'il y a un accord, alors on entre dans une nouvelle dynamique", a-t-il dit.

M. Steinmeier a annoncé pour sa part que Moscou s'engageait en faveur d'un nouveau cessez-le-feu. "A partir de cette nuit, une trêve va être instaurée pour au moins une semaine. L'Ukraine s'est aussi engagée à la respecter", a-t-il dit.

Jean-Marc Ayrault a par ailleurs insisté sur la nécessité d'organiser des élections locales.

"Il est souhaitable que la Rada (le parlement ukrainien, ndlr) puisse adopter les projets de loi (sur les élections locales et le statut du Donbass) dans un calendrier acceptable, convenable", a-t-il insisté, pendant une rencontre avec le Premier ministre Volodymyr Groïsman.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a répété que "la Russie devait se retirer du Donbass". "Le statu quo reviendrait à un protectorat exercé par les forces armées russes", a-t-il lancé.

Les accords de paix, signés à Minsk en février 2015, prévoient une série de mesures politiques et économiques pour mettre fin au conflit.

L'ensemble de ces mesures, notamment des élections dans les zones séparatistes et la révision de la Constitution pour donner davantage d'autonomie aux régions rebelles, n'a cependant toujours pas été mis en oeuvre et Ukrainiens et Russes s'en rejettent la responsabilité.

Kiev estime que de telles élections ne peuvent avoir lieu avant le retrait total des armes et des troupes étrangères et tant que l'Ukraine n'aura pas repris le contrôle total de sa frontière avec la Russie, dont 400 km sont actuellement aux mains des rebelles et par où transitent, selon Kiev et les Occidentaux, armes et militaires à partir du territoire russe.

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