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14/09/2016 09:18 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

Les eurodéputés saluent la "super-héroïne" de la Commission qui a condamné Apple

"Bravo", "merci", "félicitations": la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, qui a imposé au géant américain Apple le remboursement à l'Irlande de 13 milliards d'euros d'"avantages fiscaux illégaux", a été saluée en "super-héroïne" mercredi à Strasbourg par les eurodéputés.

"Lorsque j'étais jeune dans les années 70, il y avait une série télé, +L'homme qui valait 3 milliards+", lui a lancé la néerlandaise libérale Cora van Nieuwenhuizen. "Ce super héros a été dépassé par une super-héroïne. C'est la commissaire aux 13 milliards !"

Pendant plus d'une heure mercredi soir, au cours d'un débat en session plénière sur cette décision retentissante, une trentaine de députés se sont ainsi succédé au micro, pour lui adresser, dans leur quasi-totalité, leurs félicitations.

"Comme élu écologiste je suis opposé au clonage humain et pourtant, quand je vous vois, l'envie me vient de multiplier les Margrethe Vestager", a proclamé le belge Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts.

La commissaire danoise les écoute, un léger sourire aux lèvres, faisant mine, de temps à autre, de prendre des notes avec son stylo rose fluo. En attendant le compliment suivant.

"Nous sommes tous drogués, intoxiqués à ces machines", affirme la socialiste française Pervenche Berès, en tendant ostensiblement son iPhone 6. "Pourtant, nous nous réjouissons que vous ayez si sévèrement condamné cette entreprise". "On devrait vous décerner un prix", renchérit l'écologiste allemand Sven Giegold.

Nils Torvalds, un libéral finlandais, s'emballe un peu en évoquant "un récit biblique qui parle de la pomme (ndlr: apple) et d'Eve": "Ici, on parle de Margrethe et de la pomme. Elle a mordu dans la pomme, on a vu le résultat".

"Merci de vos encouragement et de votre soutien, qui sont très bienvenus", leur a répondu Mme Vestager, qui n'a en revanche pas apporté de nouvel éclairage sur sa décision.

"On s'appuie sur l'état de droit, une procédure juste, en bonne et due forme, avec la possibilité pour l'Irlande de présenter un recours", a-t-elle rappelé, en réponse à ses rares critiques, pour l'essentiel des députés irlandais ou d'extrême droite.

A l'issue de plusieurs mois d'enquête, la Commission européenne avait sommé, le 30 août, Apple de rembourser à l'Irlande plus de 13 milliards d'euros d'"avantages fiscaux indus", assimilés à des aides d'Etat.

zap/agr/ger