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14/09/2016 11:43 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

La Conmebol change ses statuts pour lutter contre la corruption

La Confédération sud-américaine du football (Conmebol) a modifié mercredi ses statuts pour laisser derrière elle les scandales de corruption, introduisant une limite de temps pour certains postes et de nouvelles normes pour la signature de contrats.

Le Congrès de la Conmebol, réuni à Lima, a également décidé que, pour parvenir à la présidence de l'organisation, il faudrait passer des examens d'aptitude.

La décision a été adoptée à l'unanimité des 10 délégués des pays membres.

"Je vous félicite, aujourd'hui oui nous pouvons rêver d'une nouvelle Conmebol", a lancé le président de l'instance, le Paraguayen Alejandro Dominguez.

Les mandats de président et vice-président seront par ailleurs limités dans le temps, a décidé le Congrès sans fournir de détails sur ces limites.

Une commission de contrôle, composée de membres indépendants, sera créée pour surveiller les examens d'aptitude que devront passer les candidats à la présidence.

Il sera également obligatoire, "pour la négociation des droits commerciaux, de respecter la libre concurrence, la publicité des actes, d'étudier les possibles conflits d'intérêts, les meilleures conditions contractuelles et la sécurité juridique des contrats".

Les nouveaux statuts prévoient aussi l'obligation de présenter des résultats comptables audités, l'interdiction pour une personne physique ou juridique de contrôler plus d'un club et la suppression des postes de secrétaire général et trésorier au sein du comité exécutif.

Selon la Conmebol, ces nouveaux statuts donneront une plus grande transparence à l'organisation, dont trois ex-présidents sont actuellement incarcérés ou sous contrôle judiciaire dans le cadre du vaste scandale de corruption de la Fifa : l'Uruguayen Eugenio Figueredo et les Paraguayens Juan Angel Napout et Nicolas Leoz.

"Les nouveaux statuts servent à éviter que surviennent à nouveau des scandales de corruption", a confié à l'AFP un fonctionnaire de l'organisation, sous couvert d'anonymat.

Dominguez (44 ans) s'était alarmé en août, dans un entretien à l'AFP, de la situation de l'institution, dont il a pris les rênes en début d'année : "Je savais, quand j'ai été élu, que la Conmebol était dans un sale état, mais ce que j'ai trouvé dépassait mon imagination. Le chaos".

"Nous avons fait les changements nécessaires, en mettant des gens compétents aux postes-clés, en lançant un audit interne. Depuis 2011, il n'y avait pas de comptabilité. La Conmebol fraudait le fisc paraguayen et la sécurité sociale", avait affirmé le Paraguayen, avant d'ajouter : "Je me sens fier, la Conmebol a tourné la page. Le défi était grand".

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