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14/09/2016 05:11 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

L'instabilité des Balkans, "seule peur" du Premier ministre serbe

L'instabilité des Balkans est "la seule peur" du Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, qui a répété mercredi à l'AFP son engagement européen malgré l'hostilité d'une partie de sa population envers l'Union européenne.

"Je ne crains pas l'avenir sur un plan économique. Ma seule peur, c'est (l'instabilité) régionale", a dit Aleksandar Vucic, lors d'un entretien avant une visite en France, mercredi et jeudi.

Il a répété que son pays s'opposerait à toute adhésion à l'ONU du Kosovo, dont l'indépendance proclamée en 2008 est reconnue par une centaine de pays mais rejetée par Belgrade avec le soutien de Moscou. Mais il y a désormais "une plus grande confiance" entre les parties, a-t-il assuré.

"Je ne considère pas" les relations entre Belgrade et Pristina "comme le plus gros problème des Balkans", a-t-il dit, s'inquiétant "des relations entre les Serbes et les Bosniaques" d'une part, et "des Croates avec les deux" de l'autre.

"Nous avons 250.000 musulmans bosniaques en Serbie et ils ont un million de Serbes en Bosnie", a détaillé le dirigeant de centre droit, réélu en avril.

"Mon rêve est une union douanière avec tous les pays des Balkans", a poursuivi Aleksandar Vucic. Une telle union ne serait "pas la Yougoslavie", a-t-il assuré, 25 ans après les conflits qui ont tué 130.000 personnes dans les Balkans.

Réélu en avril, Aleksandar Vucic a répété son attachement au processus d'adhésion. "La direction politique de la Serbie pense que c'est le meilleur chemin pour notre pays", a-t-il expliqué, insistant sur le poids économique de l'UE et de ses entreprises en Serbie.

"Mais d'un autre côté, une majorité" de Serbes "pensent que l'Union européenne fait du tort à notre intérêt national, c'est un fait", concède-t-il. Selon les sondages, un peu moins d'un Serbe sur deux voterait pour l'adhésion. La popularité de l'allié traditionnel russe reste très forte.

"Notre objectif stratégique est de devenir membre de l'UE. Ce n'est pas un entre-deux, comme certains le disent (...) Oui, nous aimerions rester en bons termes avec la Russie", dit Aleksandar Vucic.

Après avoir entamé sa carrière auprès de l'ultranationaliste Vojislav Seselj dans les années 1990, Aleksandar Vucic est devenu le dirigeant du centre-droit qui a pris le pouvoir en 2012.

Il écarte les accusations de l'opposition de dérive autoritaire et de volonté de contrôler les médias: "Quand quelqu'un fait 50% et que vous faites 6%, que pouvez-vous dire? +Ce gars est intelligent, ce gars travaille dur alors que moi non+?". Ses détracteurs lui colleraient "une étiquette facile à coller, parce que dans la période de 1998 et 1999, (il était) ministre de l'Information" sous Slobodan Milosevic.

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