NOUVELLES
13/09/2016 20:17 EDT | Actualisé 14/09/2017 01:12 EDT

Israël continue à craindre pour la vie du Nobel de la paix Shimon Peres

Israël s'inquiétait toujours mercredi matin pour la vie de son ancien président et prix Nobel de la paix Shimon Peres, hospitalisé d'urgence en soins intensifs mardi soir à la suite d'un accident vasculaire cérébral majeur à 93 ans.

Une porte-parole de M. Peres, Ayelet Frisch, jointe brièvement au téléphone par l'AFP, a indiqué que les médecins étaient réunis mercredi matin pour se concerter. Elle ne s'est pas exprimée précisément sur l'évolution de l'état de M. Peres.

Les messages ont afflué de la classe politique israélienne pour espérer le rétablissement du dernier des pères fondateurs de l'Etat d'Israël encore en vie, de l'un des grands artisans des accords d'Oslo synonymes d'espoir de paix avec les Palestiniens, aujourd'hui mal en point.

Au coeur des grandes batailles de la courte histoire d'Israël et des farouches controverses d'un monde politique souvent féroce, M. Peres est devenu une personnalité consensuelle, considérée comme un sage de la nation, et son hospitalisation a causé un choc, bien qu'il s'agisse de la troisième en 2016.

M. Peres "a subi un accident vasculaire cérébral majeur, accompagné d'un saignement", a dit dans la nuit, dans une courte intervention devant la presse, le professeur Yitzhak Kreiss, directeur de l'hôpital Tel-Hashomer où le neuvième président israélien a été admis à Ramat Gan, non loin de Tel-Aviv.

Il a été placé sous sédatifs et sous respirateur artificiel dans l'unité de soins intensifs, a dit le chef du plus grand établissement hospitalier d'Israël.

Plus tard dans la nuit, le bureau de M. Peres et ses médecins ont indiqué qu'il se trouvait "dans un état grave mais stable" et qu'il avait été décidé de ne pas l'opérer pour le moment.

L'hémisphère droit du cerveau a été endommagé, a dit au quotidien Haaretz le chef de l'unité spécialisée de Tel-Hashomer, David Orion. Mais "ces dommages ne sont pas le principal problème actuellement. Nous travaillons à faire en sorte que sa vie ne soit pas menacée", a-t-il dit.

- 'Tout le peuple espère' -

Les praticiens n'ont pas avancé de pronostics, mais l'état de M. Peres était de toute évidence alarmant.

"Je reste optimiste mais nous vivons des heures difficiles", a dit le fils de l'ancien président, Chemi Peres, aux journalistes devant l'hôpital.

"Nous allons apparemment être appelés à prendre des décisions difficiles par la suite", a-t-il poursuivi sans préciser son propos.

Les proches de M. Peres, rassemblés à l'hôpital, reçoivent des messages de soutien du monde entier, a-t-il déclaré. "Je veux dire à tous que rien n'était plus important pour mon père qu'Israël et son peuple. Mon père est une être unique. Je prie pour lui et je demande à tous ceux qui prient de continuer à prier avec nous", a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rapidement réagi à la nouvelle de l'hospitalisation, survenue le jour anniversaire de la signature à Washington en 1993 des premiers accords d'Oslo.

"Je souhaite à l'ancien président une guérison rapide. Shimon, nous t'aimons et tout le peuple espère ta guérison", a écrit M. Netanyahu sur sa page Facebook.

Reuven Rivlin, qui a succédé à M. Peres à la présidence en 2014, a dit prier "avec le peuple tout entier pour le rétablissement de mon ami Shimon".

M. Peres avait connu en janvier deux alertes cardiaques en dix jours. Il avait été hospitalisé le 14 janvier après un accident cardiaque qualifié de mineur, qui avait requis la pose d'un cathéter pour élargir une artère. Il était ressorti de l'hôpital au bout de cinq jours. Mais il y était retourné en raison d'une arythmie.

- Le secret de la longévité -

Pour son rôle dans les accords de paix d'Oslo en 1993, Shimon Peres a reçu le prix Nobel de la paix l'année suivante, avec l'ex-Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné en 1995, et l'ex-président palestinien Yasser Arafat, mort en 2004.

"Mes pensées et mes prières vont au président israélien Shimon Peres et à son rétablissement. Un patriarche de la paix et du progrès", a twitté l'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

Dernier homme politique issu de la génération des pères fondateurs d'Israël à être en vie, M. Peres, ministre au sein de nombreux gouvernements, a assumé à deux reprises les fonctions de Premier ministre, puis celles de président de l'Etat d'Israël de 2007 à 2014.

A 93 ans, il est resté actif à travers son Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence entre juifs et Arabes.

Entre ses deux séjours à l'hôpital en janvier, il avait affirmé sa volonté de se "remettre au travail" et de "continuer à servir notre beau pays que j'aime tant". Il avait notamment reçu en 2016 le vice-président américain Joe Biden et le Premier ministre français Manuel Valls.

Présent sur la scène politique depuis la création d'Israël en 1948, il avait confié un jour que le secret de sa longévité consistait à faire de la gymnastique tous les jours, à manger peu et à boire un ou deux verres de bon vin.

Son hospitalisation d'urgence survient à un moment où les perspectives de règlement du conflit israélo-palestinien, qui ont beaucoup occupé M. Peres, ont rarement été plus sombres et où l'idée selon laquelle les accords d'Oslo sont morts gagne du terrain.

bur-lal/jpa