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14/09/2016 11:30 EDT | Actualisé 14/09/2016 11:33 EDT

Détention d'Homa Hoodfar en Iran: 20 anciens rapporteurs spéciaux des Nations unies interviennent

OTTAWA — Vingt anciens rapporteurs spéciaux des Nations unies pour les droits de la personne ont demandé mercredi la libération immédiate de Homa Hoodfar, une enseignante de l'Université Concordia emprisonnée en Iran.

Mme Hoodfar est accusée de «collaborer avec un gouvernement hostile», ainsi que de «baigner dans des activités féministes».

Elle se trouverait en isolement complet à la tristement célèbre prison d'Evin depuis une centaine de jours, où les problèmes neurologiques particuliers dont elle souffre se seraient détériorés. Elle aurait été brièvement hospitalisée en août, étant incapable de parler ou de marcher.

Les anciens rapporteurs se demandent, par voie de communiqué, comment le «féminisme» peut menacer la sécurité nationale de l'Iran et rappellent que Téhéran s'est engagée à faire la promotion de l'égalité des sexes. Ils reprochent à l'Iran de faire fi de sa propre Constitution et de ses propres lois.

Ils se déclarent par ailleurs «outrés« que Mme Hoodfar ait été placée en isolement, ce que la loi internationale considère être une forme de torture, et qu'elle soit privée de son droit de liberté d'expression. Ils demandent aux gouvernements du Canada, de l'Irlande et de l'Iran de prendre les mesures nécessaires pour qu'elle soit libérée immédiatement.

Mme Hoodfar est née en Iran, mais elle détient la double nationalité canadienne et irlandaise.

Mardi, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s'est dit «vivement préoccupé» par les informations selon lesquelles la professeure se serait vue refuser la présence de son avocat à son procès

Mme Hoodfar habitait Montréal depuis une trentaine d'années. Elle s'était rendue en Iran au début février pour visiter des proches et mener des recherches, avant d'être arrêtée une première fois en mars. On lui a alors interdit de sortir du pays. Elle a été arrêtée à nouveau le 6 juin et incarcérée à la prison d'Evin, là même où a péri la photojournaliste canadienne Zahra Kazemi.