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14/09/2016 01:29 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

Défense: Juncker plaide pour un quartier-général unique de l'UE

L'Union européenne doit "s'affirmer davantage" en matière de défense, mettre en commun certaines ressources militaires, et disposer d'"un quartier-général unique", a déclaré mercredi Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, devant le Parlement européen.

"L'Europe doit s'affirmer davantage, c'est particulièrement vrai pour notre politique de défense (...) nous devons, ensemble, prendre en charge la protection de nos intérêts", a affirmé M. Juncker dans son discours annuel sur "l'état de l'Union".

"Au cours des dix dernières années, nous avons participé à plus de 30 missions militaires et civiles de l'UE. Mais sans structure permanente, nous ne pouvons pas agir de manière efficace. Il faudra que nous nous dotions d'un quartier-général unique au sein de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

Et d'enchaîner: "Nous devons également nous orienter vers des ressources militaires communes, qui dans certains cas relèveront de l'Union en plein complémentarité avec l'Otan".

La mise en commun de certaines ressources se justifierait d'un point de vue économique, selon l'ex-Premier ministre luxembourgeois.

"Le manque de coopération militaire en matière de défense coûte à l'Europe entre 20 et 100 milliards d'euros par an (...) Il faut faire quelque chose de ce point de vue là", a-t-il plaidé.

La Commission, selon lui, proposera "avant la fin de l'année" la création d'"un fonds européen de la défense" destiné à "stimuler activement la recherche et l'innovation" dans l'industrie.

M. Juncker a par ailleurs défendu l'action de la Commission et de l'UE ces derniers mois pour protéger les frontières extérieures de l'Europe, ébranlées par l'afflux migratoire, "mais il y a encore du travail".

"Nous devons savoir quels individus franchissent nos frontières, c'est pourquoi nous défendrons nos frontières avec l'aide de la nouvelle agence de gardes-frontières et de gardes-côtes européens", qui vient d'être créée pour remplacer l'agence Frontex en la renforçant.

Frontex dispose déjà de plus de 600 agents postés en Grèce aux frontières avec la Turquie et de 100 agents postés en Bulgarie, a-t-il indiqué. "Je veux voir le déploiement dès le mois d'octobre d'au moins 200 gardes-frontières et 50 véhicules supplémentaires aux frontières extérieures de la Bulgarie".

De nouvelles modalités de contrôle seront adoptées d'ici la fin de l'année. "Chaque fois qu'une personne entrera dans l'UE ou quittera son territoire, il y aura un enregistrement de la date, du lieu et de la raison expliquant le mouvement et le déplacement", a détaillé M. Juncker.

"D'ici le mois de novembre, nous proposerons un système européen d'informations de voyage, à savoir un système automatisé visant à déterminer qui sera autorisé de voyager à destination de l'Europe", a-t-il ajouté.

Ce nouveau système, comparable au dispositif ESTA existant aux Etats-Unis, permettrait notamment d'avoir davantage d'informations sur les voyageurs de pays tiers n'ayant pas besoin de visas pour entrer dans l'UE.

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