NOUVELLES
14/09/2016 01:48 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:12 EDT

Au jeu des sanctions américaines, la Birmanie dans la balance

La Birmanie est encore soumise à des sanctions américaines, imposées à la junte longtemps au pouvoir. Mais leur allègement devrait être au coeur de la rencontre mercredi entre Barack Obama et la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, aujourd'hui aux manettes.

- En quoi consistent ces sanctions?

Washington maintient une liste noire de plus de 100 personnes accusées d'être liées à l'ancienne junte.

Les Américain ne peuvent pas conclure de contrats avec les Birmans figurant sur cette liste noire, ou avec les compagnies qu'ils possèdent. Ils doivent aussi signaler aux autorités américaines tout investissement de plus de 5 millions de dollars.

Est interdite l'importation de jade ou de rubis birman, secteurs très opaques, souvent contrôlés par des proches de l'ancien régime. Des compagnies comme Myanmar Ruby Enterprise et Myanmar Imperial Jade sont ainsi sur la liste noire.

Elle inclut aussi également des entreprises du pays comme World Asia, créé par l'homme d'affaires et trafiquant de drogue notoire Lo Hsing Han et aujourd'hui dirigé par son fils Steven Law. Or ce groupe est aujourd'hui un acteur clef de la construction, et a récemment reconstruit l'aéroport de Rangoun, la capitale économique birmane.

- Quel est l'impact de cette liste noire?

Des poids lourds de l'économie américaine comme Colgate, Chevron ou Coca-Cola sont présents en Birmanie, mais la plupart des entreprises américaines n'ont pas franchi le pas, invoquant un marché à risque et le coût des sanctions.

Un handicap par rapport aux entreprises de l'Union européenne, qui a levé toutes les sanctions contre la Birmanie.

Coca-Cola a dû faire face au scandale quand a été révélé l'an dernier que son partenaire local avait des liens avec le conglomérat militaire Myanmar Economic Holdings, qui est sur la liste noire.

Même déboire pour Caterpillar dont l'un des partenaires locaux avait des liens avec des acteurs controversés du secteur du jade contrôlés par un trafiquant de drogue.

- Que pourrait faire Obama?

Il peut annoncer une levée partielle ou totale des sanctions, ou les remplacer par des taxes douanières, en signe d'encouragement pour le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis mars, après un raz-de-marée électoral en novembre 2015.

Il pourrait aussi décider, en accord avec Aung San Suu Kyi, de ne rien changer, afin de maintenir la pression sur l'armée.

Celle-ci conserve en effet une grande influence politique, notamment avec un quart des sièges au Parlement réservés à des députés non élus, mais aussi avec des militaires à la tête de ministère comme l'Intérieur ou la Défense.

En mai, Washington a déjà réduit les restrictions dans le secteur bancaire, minier mais aussi du bois, la Birmanie étant riche en bois précieux.

cah-dth/tib/rap