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12/09/2016 12:03 EDT

Philippines: Duterte ordonne aux conseillers militaires américains de quitter le sud

Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé lundi avoir ordonné à tous les conseillers des forces spéciales américaines qui assistent les troupes philippines combattant les insurgés indépendantistes musulmans dans le sud de l'archipel de quitter la zone.

Lors d'une réunion de fonctionnaires du gouvernement, le président philippin, qui n'a pas précisé quand et combien de militaires américains devraient partir, a affirmé que l'alignement des Philippines sur l'Occident était la cause de l'insurrection musulmane persistante dans le sud du pays.

"Les (musulmans) deviendront encore plus agités. S'ils voient un Américain, ils le tueront", a-t-il ajouté.

L'ambassade américaine n'a pas pu être jointe dans l'immédiat pour commenter cette annonce.

Cette annonce du président philippin intervient une semaine après le scandale provoqué par ses propos qualifiant son homologue américain Barack Obama de "fils de pute" à la veille d'un sommet des pays de l'Asie du Sud-Est.

M. Duterte a relancé les efforts destinés à parvenir à des accords de paix avec les rebellions communiste et musulmane, pour mettre fin à des décennies de violences qui ont fait plus de 150 000 morts.

En août il a repris des pourparlers de paix avec la plus importante organisation séparatiste musulmane, le Front Moro islamique de libération, qui comme d'autres groupes rebelles, mène une insurrection armée depuis les années 1970 pour l'indépendance des régions à majorité musulmane.

Les conseillers militaires américains présents dans la région entraînent les forces philippines mais n'ont pas le droit de participer à des combats sauf en situation d'auto-défense.

Auparavant, quelque 500 à 600 militaires américains étaient stationnés sur l'île de Mindanao mais en 2014, le ministre philippin de la Défense de l'époque Voltaire Gazmin avait annoncé que leur nombre serait réduit à 200.

Les États-Unis sont le principal allié des Philippines et l'ancienne puissance coloniale (jusqu'en 1946). Au cours de son discours, M. Duterte a montré des photographies et cité des récits faisant état de musulmans tués par les forces américaines durant l'occupation des Philippines par les États-Unis au début du XXe siècle.

Le porte-parole du président Ernesto Abella a indiqué que sa déclaration "reflétait une nouvelle orientation vers une politique étrangère indépendante".

Le président philippin a également accusé le président Obama et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de l'avoir critiqué pour la violente campagne anti-drogue lancée aux Philippines. Quelque 3000 personnes ont été tuées en deux mois par la police et des justiciers civils.

"Obama, quand vous m'accusez de meurtres ... Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre", a lancé M. Duterte.

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