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12/09/2016 07:55 EDT | Actualisé 12/09/2016 08:02 EDT

Essai routier Alfa Romeo 4C Spider 2016 : pure (PHOTOS)

Courtoisie

Me voilà derrière le tout petit volant à base carrée de l’Alfa Romeo 4C Spider 2016. Tout le monde me regarde, mais ça, je m’y suis habitué. Voilà quelques jours que j’ai la voiture en ma possession, et sa silhouette courte, basse et large a déjà attiré son lot de regards et de curieux. Ce n’est pas le fait que les gens me regardent qui me rend nerveux. Non, dans cette instance particulière je suis quelque peu incertain, car je tente de garer la 4C en parallèle devant un restaurant huppé du Vieux-Montréal.

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Le valet ne veut pas toucher à la voiture et je le comprends. Le propriétaire du restaurant a déjà fait déplacer les voitures pourtant plus dispendieuses qui se trouvaient devant la porte de l’établissement afin de laisser le champ libre à la petite Italienne méconnue. Et moi, je ne suis vraiment pas sûr de mon coup.

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Je ne vois absolument rien derrière moi et il n’y a pas de caméra de recul. Puis il y a la direction qui, je le jure, est en train de rire de moi alors que je tente de tourner le volant et les pneus larges, sans aucune assistance électronique, à basse vitesse, sur les pierres de la rue Saint Paul. Il faut utiliser ses deux mains et je vous promets qu’une fois l’épreuve terminée, vous allez remettre en question votre régime d’entrainement physique.

Je le savais déjà, mais c’est désormais confirmé. L’Alfa Romeo 4C Spider n’est pas une voiture de ville. C’est une voiture qui ne fait pas de compromis et qui se doit d’avoir une piste devant elle pour être réellement appréciée. Hors de cet élément, c’est un toucan en Antarctique.

Vous avez quelque chose à vous dire? Attendez d’être arrivée à la maison

Il faut oublier toute notion de confort dans l’Alfa Romeo 4C 2016. Chaque petite bosse se fraye un chemin jusqu’à votre corps et le bruit ambiant dans l’habitacle est tel qu’une conversation doit se faire en criant. Il n’y a pas de système d’infodivertissement, mais plutôt un système audio Alpine qui ressemble étrangement à celui que j’avais ajouté dans ma première voiture, une Civic 2000.

Il y a bien un port USB, mais ce dernier pend au bout d’une corde entre les jambes du passager avant. Espace de rangement? Non, pas vraiment. Espace de chargement? Pas vraiment non plus, et encore moins si vous retirez le toit manuellement de la version Spider et le remisez dans le coffre minuscule. Ah, et si vous deviez remettre le toit rapidement en raison d’une soudaine pluie, il vaut mieux avoir un ami pour vous aider, et beaucoup de patience.

Comme je devais être patient au moment de garer la voiture devant le restaurant dont je vous parlais précédemment. Oui, j’ai réussi mon coup, mais ce n’était vraiment pas facile. L’Alfa Romeo 4C Spider fait partie d’un groupe exclusif de véhicules qui comprend la Porsche Cayman GT4, la Porsche 911 GT3 RS, la Lotus Elise retraitée et… c’est à peu près ça. Ces véhicules sont d'authentiques voitures de piste qui peuvent légalement rouler sur les routes publiques, mais qui soupireront à chaque fois dans de telles circonstances.

Sur circuit ou du moins à haute vitesse la direction si pénible en ville devient votre meilleure alliée alors que vous pouvez positionner la voiture comme si elle était connectée à votre cortex cérébral. La visibilité horrible vers l’arrière est moins une considération puisque c’est ce qui se passe devant vous qui compte. Puis ces sièges un peu durs se reprennent en offrant un support latéral parfait.

Un petit moteur à la sonorité exquise

Le bruit du moteur quatre cylindres suralimenté de 1,8 litre positionné derrière vos oreilles qui empêche toute discussion civilisée devient une source de frisson sur une route déserte alors que la sonorité est tout simplement exquise, même si l’on sait qu’elle est travaillée, surtout si l’on opte pour l’échappement sport optionnel (offert à seulement 500 $).

La boîte de vitesse automatique à double embrayage à six rapports envoie les 237 chevaux et 258 lb-pi de couple du moteur vers les roues arrière avec efficacité, mais les changements de vitesse ne sont pas un exemple de douceur.

La 4C est un exemple de légèreté, alors même si on ne parle pas d’une motorisation produisant 400 ou 500 chevaux, les performances sont au rendez-vous. Il faut compter seulement 4,1 secondes pour atteindre 100 km/h dans la 4C Spider dont la rigidité est pratiquement identique à la version Coupé grâce à l’ajout de quelques renforcements. Le poids augmente seulement de 15 kilos dans la Spider ce qui est négligeable.

Loin de la ville, il est facile de tomber en amour avec l’Alfa Romeo 4C. La sonorité sublime, la direction directe, le moteur performant… on oublie tous les compromis qu’elle exige. C’est une voiture sport noble et pure, et elle exige que les intentions de son propriétaire le soient tout autant. Si vous l’achetez pour vous faire voir et impressionner les passants sur la rue Crescent, vous serez rapidement déçu.

Ces mêmes passants auront d’ailleurs droit à tout un spectacle lorsque vous tenterez d’entrer ou de sortir de votre 4C. Les sièges sont loin de la porte, et il faut donc user de stratégie pour s’extirper de la coque en plastique renforcie de fibre de carbone. Même sans le toit, les chances que vous vous cognez la tête sur le coin du pare-brise fortement inclinée en prenant place dans la 4C sont grandes.

Si vous voulez un jouet pour la piste et vous avez les 78 495 $ qu'exige le modèle de base, l’Alfa Romeo 4C Spider est une voiture unique qui vous apportera entière satisfaction. Si vous voulez une voiture de fin de semaine pour vous balader les cheveux au vent sur une route de campagne avec votre douce, la petite italienne pourra le faire, mais votre relation ne sera pas saine. Vous vous tannerez vite de son manque de raffinement, et la 4C ne vous pardonnera pas de ne pas la laisser jouer sur un circuit.