DIVERTISSEMENT
11/09/2016 04:19 EDT

TVA : pour tout savoir sur «L'Échappée»

TVA

Telle une «survenante» des temps modernes, l’enfant prodigue qu’on n’attendait plus, Brigitte Francoeur (Julie Perreault) revient dans son village natal de Sainte-Alice-de-Rimouski.

L’attachante bohème au manteau de cuir, immature et on ne peut plus éprise de liberté, rapplique dans son patelin après vingt ans d’absence pour célébrer le mariage de sa fille de 20 ans, Jade (Charlotte Aubin). Mère indigne, mais pas cruelle pour cinq sous, Brigitte a jadis confié l’éducation de sa progéniture à sa sœur, Noémie (Anick Lemay) et n’a entretenu qu’un lien ténu avec Jade, constitué de rares visites ponctuelles et d’aussi hasardeux coups de téléphone, tout occupée qu’elle était à tenter de se bâtir une carrière de chanteuse à Montréal.

Ainsi, alors que le moment devrait être aux réjouissances, l’arrivée de Brigitte dans les terres qui l’ont vue naître ne fera pas l’unanimité. Le même jour, par un malheureux concours de circonstances, une jeune résidente du centre jeunesse que dirige Noémie se rebiffera et s’enfuira sans demander son reste, pour des motifs qu’on comprendra rapidement. Et Agnès (Évelyne Rompré), éducatrice de ce même centre jeunesse et meilleure amie de Brigitte, peut-être la seule personne, en fait, avec qui notre anti-héroïne entretient une relation solide, est victime d’une agression qui entraînera une cascade d’événements et aura des conséquences dramatiques.

Le mariage de Jade et son futur époux, Xavier (Félix-Antoine Duval), sera compromis. Une enquête policière sera mise en branle pour comprendre qui en voulait à Agnès. Et la table sera ainsi mise pour une suite de revirements et de rebondissements inattendus.

Voilà donc tout ce que vous devez savoir avant le début de L’Échappée, nouveau téléroman (ou «série annuelle», pour employer le langage du Gala des Prix Gémeaux) de TVA écrit par l’auteure Michelle Allen, qui s’approprie dès demain, 12 septembre, la convoitée case-horaire du lundi, à 20h, laquelle a longtemps été le royaume du défunt Yamaska.

Le titre L’Échappée fait autant référence au centre jeunesse où se campe une grande partie de l’action, baptisé ainsi, qu’aux envies de fuite de Brigitte, mais aussi de plusieurs autres personnages. Car, à Sainte-Alice-de-Rimouski, chacun a ses secrets, même si tout le monde connaît tout le monde. Ou, plutôt, même si tout le monde pense connaître tout le monde.

Si certaines scènes de L’Échappée ont été filmées au Bic, dans le Bas-Saint-Laurent, plusieurs séquences se sont déroulées à Pointe-Claire, en bordure du chemin Saint-Joachim, dans un couvent désaffecté – que la congrégation des Sœurs de Notre-Dame n’habite plus depuis 2014 -, où on a recréé le centre jeunesse, l’hôpital et le poste de police nécessaires à la fiction. Le terrain, où s’érigent un moulin à vent et des arbres majestueux, au bord de l’eau, est d’une pure beauté et donne réellement une illusion de campagne.

L’équipe de L’Échappée, menée par les productions Amalga et les réalisateurs Miryam Bouchard et François Bégin, s’est aussi déplacée à Otterburn Park, Varennes et Verchères. Le tournage de la première saison de 24 épisodes d’une heure sera complété en décembre.

Curieux d’en apprendre plus? Lisez ici notre dossier complet.

L’auteure, Michelle Allen, à propos de…

L’idée de départ de L’Échappée

«L’idée m’est venue d’une anecdote assez dramatique, qui m’a été racontée pour vrai, qui se passait dans un centre jeunesse. L’histoire m’était entrée dans le cœur, et j’ai réalisé que, les centres jeunesses, je ne connaissais pas ça. Aussi, je me suis mise à aller régulièrement en Gaspésie, une région que je ne connaissais pas non plus. Étant une Montréalaise, qui a vécu toute sa vie à Montréal, j’avais des préjugés envers les régions. Je croyais que c’était reculé, comme à l’époque des Filles de Caleb (rires), qu’il n’y avait que le petit magasin du coin où on pouvait magasiner. Mais non, les gens se font livrer des affaires sur Amazon, et ça arrive le lendemain (rires). Je devais me mettre à jour! Ça me tentait donc de sortir des vieilles images de la promiscuité, du malheur des petites communautés. Il y a quand même des drames majeurs, mais qui ne sont pas dans un enrobage qu’on croit reculé.»

«Tout ça mis ensemble, je trouvais que c’était intéressant. À travers les différents personnages, j’avais l’impression qu’il y avait plusieurs couches à cet univers, plusieurs histoires à raconter. Au début, Brigitte veut retourner à Sainte-Alice-de-Rimouski juste pour le mariage de sa fille et repartir vite, mais elle va se retrouver obligée de rester là, dans un endroit inconfortable, mais essentiel, pour grandir dans la vie.»

Le personnage de Brigitte (Julie Perreault)

«C’est une héroïne imparfaite, impulsive et, en quelque part, il y a une parenté entre les ados et elle, une énergie brute. Il y a quelque chose en elle qui n’est pas réglé. Elle fuit encore, elle ne veut pas affronter certaines affaires. Elle a un comportement parfois erratique, mais elle a un immense cœur. Il n’y a aucune méchanceté chez Brigitte ; de la maladresse, de l’impulsivité, beaucoup de blessures, mais pas de méchanceté. Oui, c’est un personnage coloré, un peu «toute croche», mais je pense qu’elle a ce capital de pouvoir rassembler, polariser les gens autour d’elle. Son retour dans la petite communauté ne fait pas l’affaire de tout le monde et va susciter beaucoup de réactions. Pour elle, c’est un retour aux racines, où la vie se déroule très bien sans elle. Même si sa fille s’ennuie, c’est parfait qu’elle ne soit pas là. Dès le moment où elle revient, il y a beaucoup de choses qui ressortent.»

La carrière de chanteuse de Brigitte

«Brigitte est une femme qui a essayé de ne pas souffrir, qui a voulu aller vers cette forme d’art, et qui n’a pas obtenu le succès escompté, pour toutes sortes de raisons, de mauvais choix, car c’est une personne impulsive et non stratégique. Sa carrière de chanteuse n’a pas décollé comme elle aurait aimé. Elle a une sensibilité d’artiste, mais elle n’a pas fait des choix stratégiques. Elle ne revient pas triomphante dans son village, mais elle veut essayer d’avoir l’air gagnante quand même. Même si, quand on gratte un peu, on voit que ce n’est pas le cas. C’est un peu comme une remise au monde qu’elle vient faire chez elle.»

Les rapports de Brigitte avec sa fille

«Brigitte venait voir sa fille deux fois par année. En apparence, tout était sauf. Elle la voyait à Noël, lui parlait au téléphone. Mais c’est sûr que l’abandon initial n’est pas facile à gérer, ni pour la mère, ni pour la fille, et ce, même si Brigitte a appris à couper ; quand ça fait mal, elle se pousse. Mais Jade (Charlotte Aubin) a une blessure qui est à vif. Avec Noémie (Anick Lemay), la sœur de Brigitte, qui a élevé Jade, on fait aussi semblant que tout est correct, qu’on a pris la meilleure décision ; Brigitte avait une carrière naissante, pas encore stable, c’était mieux pour la petite de rester avec Noémie. Noémie a un peu pris la place de Brigitte et, quand Brigitte revient, Noémie a un peu le goût de lui dire de s’en aller, qu’elle dérange tout le monde, qu’elle perturbe Jade. L’abcès sera crevé éventuellement.»

«Pour l’instant, on ne connaît pas les parents de Brigitte et Noémie, ils ne sont pas là. Mais il y aura peut-être quelque chose à régler de ce côté aussi, éventuellement…»

Les jeunes dans la série

«Il y a deux générations de jeunes. D’abord, il y a Xavier (Félix-Antoine Duval) et Jade (Charlotte Aubin), qui sont au début de la vingtaine et qui forment le couple qui se marie au début de la série. Puis, il y a les jeunes du centre jeunesse. Ça me touche, l’adolescence, la jeunesse. C’est là que tout se construit, que les blessures et les failles sortent, on ne peut pas les cacher. Ils sont notre responsabilité ; les jeunes, c’est ce que le Québec va être quand nous, on ne sera plus là. Je trouve ça vivant. Les jeunes ne sont pas plus fuckés aujourd’hui qu’ils l’étaient auparavant, ce sont seulement les enjeux qui sont déplacés, et ce n’est pas seulement à cause d’Internet. Avant, on sortait dans les bars pour rencontrer du monde, et maintenant, ils vont sur Tinder. Peu importe la difficulté de l’intimité, le désir de trouver quelque chose de plus profond, ça se module différemment, mais l’être humain a toujours les mêmes besoins. Parler des jeunes, c’est agréable et intéressant.»

Les différents niveaux d’intrigues de la série

«La colonne vertébrale, c’est la résolution de ce qui est arrivé à Agnès, et ça prend beaucoup de place. Ensuite, il y a le retour de Brigitte, et ce qui se passe au centre jeunesse. Moi, j’aime quand il y a des intrigues, des rebondissements, et j’ai construit L’Échappée comme ça. Et, au-delà de ça, ce sont les relations interpersonnelles qui m’intéressaient. Ce n’est pas une série policière, c’est une série avec des enjeux émotifs, même s’il y a un mystère à résoudre.»

L’actrice principale, Julie Perreault, à propos de…

Le caractère de Brigitte

«On découvre Brigitte, au début de la série, assez instable émotivement. C’est une fille «toute croche». Elle est auteure-compositrice, et je le précise, parce que ça la définit beaucoup. (NDLR : Julie a dû apprendre la guitare en trois semaines pour les besoins de son rôle, et c’est Salomé Leclerc qui a composé les chansons du répertoire de Brigitte, qu’on entendra éventuellement dans la série). Elle habite à Montréal et n’a pas élevé sa fille, qu’elle a eue très jeune, elle a manqué à ses responsabilités. Brigitte se retrouve à rentrer dans son village, dans le bas du fleuve, pour le mariage de sa fille, et il arrivera un événement tragique. Elle devra rester sur place, et il y aura une enquête policière pour comprendre ce qui s’est réellement passé, ce qui est arrivé exactement. Le cœur de la série, c’est la famille, à tous les points de vue. Tout le monde sera questionné sur ses propres secrets familiaux.»

«C’est un personnage vraiment attachant. Elle est dans la vérité totale. Sauf que la notion du bien et du mal, elle n’a pas tout catché. Elle ne sait pas nécessairement que ça, ça se dit, et ça, ça ne se dit pas. Elle n’est pas très maternelle, elle ne connaît pas sa fille. Elle le lui dit dans les premiers épisodes : «Je ne te connais pas, j’aimerais te connaître plus». Le fait d’être loin de chez elle l’éloigne de sa culpabilité, de ses souffrances, mais d’y revenir, d’aller fouiller là-dedans, c’est ce qui est beau, à quelque part. Elle sera confrontée à toutes ses blessures.»

Les blessures de Brigitte

«C’est une fille brisée à plusieurs égards. C’est ce qui est intéressant. Les personnages, dans les textes de Michelle Allen, ne sont pas unidimensionnels. On les découvre au compte-gouttes, on comprend pourquoi ils sont comme ça. Pourquoi Brigitte est partie à 20 ans, pourquoi elle n’a pas élevé sa fille? Il y a une raison dramatique autour de ça. Elle n’est pas «toute croche» pour rien. Elle n’est pas comme ça pour flasher. Elle essaie de s’exprimer à travers la musique, mais ça ne marche pas. En rentrant chez elle, elle va peut-être retrouver son essence. Elle recommence d’ailleurs à écrire. Dans les premiers épisodes, on la voit écrire, et on sent qu’il naîtra peut-être quelque chose de cette affaire-là.»

Les réactions de l’entourage face au retour de Brigitte

«Brigitte bouscule beaucoup les choses. Elle est partie, mais n’est pas revenue souvent, une ou deux fois par année seulement, à coups de 24 heures. Elle déplace de l’air et elle part, elle ne s’implique pas beaucoup. Mais là, elle va rester, ce qui n’est pas banal. Plusieurs secrets vont être dévoilés.»

Le bonheur d’incarner une femme imparfaite

«J’ai beaucoup joué des personnages très en contrôle, dans les dernières années. À travers Brigitte, je m’exprime tellement! Elle est plus exubérante que moi, dans la vie, et c’est formidable. Ça me permet d’aller ailleurs. Elle boit, elle fume… Elle a un côté pas clean, c’est un exutoire super intéressant. C’est le fun d’aller chercher dans ces zones-là. Il y a quelque chose qui me ressemble dans ce personnage. J’aurais peut-être pu devenir cette fille-là, mais j’ai choisi autre chose. Il y a toujours un côté rebelle en nous. Elle, elle l’a gardé. Pour elle, c’est sa façon d’être vivante. Émotivement, elle n’est pas stable du tout.»

Les autres personnages vus par leurs comédiens…

Anick Lemay – Noémie

«Noémie Francoeur est une femme joviale, au début de la quarantaine, directrice du centre L’Échappée et sœur de Brigitte. Elle est mariée avec Marc (Stéphane Gagnon) depuis une quinzaine d’années et, ensemble, ils ont élevé Jade, la fille de Brigitte. Noémie sauve un peu le monde (rires), elle est un pilier, mais sa vie va s’effondrer, et elle n’aura justement pas de pilier, près d’elle, sur lequel s’appuyer. Elle va faire des prises de conscience un peu difficiles, mais nécessaires. Le mariage de Jade, l’accident horrible qui arrivera à Agnès et le retour de Brigitte vont la bouleverser, brasser beaucoup de choses. Et ce, même si Brigitte et Noémie s’aiment d’amour. Noémie a pris Jade en charge non pas par pitié, mais pour aider sa sœur, parce qu’elle-même ne pouvait pas avoir d’enfant, et elle a aimé Jade comme sa propre fille. Les deux sœurs s’aiment profondément mais, comme dans toutes les relations fraternelles, il y a des petites choses qui clochent, elle n’ont pas le même caractère. Ça va coincer quelque part, mais l’amour est là, il est solide. Dans son travail de directrice de centre, Noémie est stricte, mais elle a un côté tendre, c’est un petit marshmallow. Elle aime les jeunes mais, comme elle veut leur bien, elle doit imposer des limites. C’est elle qui doit appliquer les décisions les plus difficiles et encadrer les éducateurs. Elle a de bons liens avec tout le monde, mais elle doit trancher, la job vient avec.»

Stéphane Gagnon – Marc

«Marc n’est pas un gars de Sainte-Alice-de-Rimouski, il est plutôt tombé amoureux d’une fille de la place, Noémie. Il s’est installé là il y a plusieurs années, et Noémie et lui ont adopté Jade et l’ont éduquée comme si c’était leur propre fille. La relation est très saine entre les trois, la petite sait très bien qui est sa mère, il n’y a jamais eu de cachettes. Marc est un sportif, un trippeux de nature, il a un petit commerce d’équipement de randonnée, de kayak et de vélo. C’est un bon père et un bon mari, mais il a commis des erreurs, pour lesquelles il va probablement payer. Au départ, c’est un bon jack, mais on va finir par se demander s’il est vraiment bon ou pas. On va découvrir qui il est réellement. C’est un peu le cas de tout le monde dans cette communauté, on pense qu’ils sont X, mais finalement, on comprend qu’ils sont plutôt Y ou Z. Michelle Allen, l’auteure, joue beaucoup avec ces nuances-là, comment on perçoit les gens et qui ils sont en réalité.»

Charlotte Aubin – Jade

«Jade est une fille pleine de lumière, tout en douceur, une sportive, hyperactive des bonnes choses. Elle a un souci de vérité. C’est vraiment une bonne personne. Avec sa mère, elle entretient une relation amour-haine. Je ne pense pas qu’elle lui en veut, parce qu’elle a un peu fait son deuil de cette relation, mais sa mère est la personne qui vient le plus la chercher. Elle est très, très en contrôle sur toute sa vie, ses amours, c’est une personne «enlignée», comme on dit, mais sa mère vient la déstabiliser à un point fou, et je pense que c’est la seule personne qui peut l’ébranler à ce point-là. Parfois, elles sont dans la confrontation, d’autres fois, dans l’amour. Pour toutes sortes de raisons, je crois que le mariage entre Jade et Xavier sera ébranlé… mais ils se marieront sûrement quand même! (rires)»

Sophie Bourgeois – Martine

«Martine est la propriétaire de l’auberge du village. Elle est très riche. Elle a marié David, qui est interprété par Patrick Hivon. Ils se connaissent depuis l’adolescence, ils faisaient des feux sur le bord du «pit» et jouaient de la guitare ensemble. Sa fille, Claudie, a 14 ans, et vit au centre d’accueil. Claudie est originaire de la Roumanie et a été adoptée à trois ans. Elle est très, très problématique. Martine est donc une mère qui se demande ce qu’elle a fait de pas correct, pour que son enfant soit si problématique. Elle ressent beaucoup de culpabilité, elle aime sa fille à en mourir, elle la surprotège, et elle est souvent en conflit avec Noémie, une chum d’enfance, qui est la directrice du centre où vit Claudie. Martine est une femme qui semble toujours droite, sans problème, parfaite jusqu’au bout des ongles, mais qui est blessée en dedans, qui a mal. Elle a une vie en apparence idéale mais, en réalité, pas du tout.»

Émilie Bierre – Zoé

«Je joue le rôle de Zoé, une petite fille qui est au centre jeunesse, qui est assez mystérieuse et renfermée. On va découvrir tout au long de la série sa personnalité, pourquoi elle est au centre.»

Ils sont aussi de la distribution de L’Échappée

Évelyne Rompré – Agnès, éducatrice du centre et meilleure amie de Brigitte

Marie-Soleil Dion – Sophie, travailleuse sociale au centre

Bianca Gervais – Marie-Louise, policière

Félix-Antoine Duval – Xavier, amoureux de Jade

Daniel Parent – Patrick, ex-mari d’Agnès

Pierre-Yves Cardinal – Richard, policier

Patrick Hivon – David, conjoint de Martine et riche entrepreneur

Jean-François Nadeau – Robin, éducateur du centre et nouvel amoureux d’Agnès

Étienne Galloy – Greg, jeune du centre

Kelly Depeault – Claudie, jeune du centre

Zakary Lavigne – Francis, jeune du centre

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