DIVERTISSEMENT
11/09/2016 07:50 EDT | Actualisé 11/09/2016 07:51 EDT

«9 – Le film» : au-delà du vide

En 2006, Stéphane E.Roy créait la pièce Neuf variations sur le vide, qui devait à l’origine être un film, mais a abouti sur les planches, faute de financement. Puis, ses courtes histoires ont repris vie dans les pages d’un bouquin. Après quoi, des amis du milieu du septième art lui ont signalé que son œuvre gagnerait à connaître un troisième souffle… au grand écran.

Au cinéma, Neuf variations sur le vide a ainsi été adaptée en neuf saynètes distinctes, toutes mises en images par un réalisateur et des comédiens différents, dans un seul et même long-métrage, simplement intitulé 9 – Le film, qui a pris d’assaut les cinémas vendredi. La boucle est donc bouclée pour Stéphane E.Roy, qui a consacré cinq ans d’efforts à l’achèvement de son premier rêve, épaulé par la maison de production Écho Média.

À elle seule, l’affiche de 9 – Le film a de quoi faire saliver et convaincre les Québécois de délaisser, le temps de quelques heures, le soleil de cet été qui n’en finit plus de s’étirer, pour aller constater de quel bois cette chevronnée équipe d’artisans se chauffe.

Derrière la caméra, Stéphane E.Roy, Claude Brie, Ricardo Trogi, Micheline Lanctôt, Éric Tessier, Luc Picard, Jean-Philippe Duval, Érik Canuel et Marc Labrèche. Devant, Hélène Bourgeois-Leclerc, Anne-Marie Cadieux, Magalie Lépine-Blondeau, Marc Labrèche, François Papineau, Bénédicte Décary, Pierre-François Legendre, Christian Bégin, Sylvain Marcel, Nicolas Canuel, Maxim Gaudette, Marianne Farley et Stéphane E.Roy. Au départ, le bassin de créateurs de 9 – Le film devait compter plus de cinéastes féminines, comme Léa Pool et Chloé Robichaud mais, délais de production obligent, celles-ci ont dû se retirer de l’aventure.

Pour alimenter les discussions de tout ce beau monde, un thème, le vide humain et l’incapacité de communiquer, et un humour, satirique, «malaisant», qui fait rire tantôt jaune, tantôt noir.

«On peut être deux à parler français, à venir du même coin de pays, mais ne pas se comprendre, détaille Stéphane E. Roy. C’est quand même fascinant, de ne pas arriver à comprendre ce que l’autre veut nous dire, et que lui ne comprenne pas ce que nous, on veut dire. Ça m’a toujours fasciné. On comprend rapidement pourquoi il y a des guerres mondiales, surtout quand les gens viennent de pays différents, avec des langues et des valeurs différentes ; juste dans notre quotidien, on a de la misère! Et je trouve que ça crée des quiproquos drôles. Les perceptions sont souvent différentes de l’intention de départ. Ça arrive beaucoup avec les médias sociaux. On est dans une ère de mauvaise communication, et je ne sais pas pourquoi, mais ce n’est pas juste à cause de la technologie. C’est aussi humainement. On perçoit mal les propos, on a la mèche courte, on est souvent insultés… Je jugeais que c’était propice à beaucoup de gags.»

Le producteur Luc Châtelain, d’Écho Média, dit avoir été séduit par les textes de Stéphane E.Roy – que les réalisateurs ont tous retravaillés pour les personnaliser - qui, à son avis, démontrent une grande dualité de l’être humain.

«On fait un film, ou plutôt, 9 films, 95 minutes au total, sur la difficulté de communiquer, alors que c’est un film rempli de mots. C’est un paradoxe intéressant à explorer. Ce n’est pas un film de silence ou de noirceur, mais plutôt plein de lumière et de plaisir», estime Luc Châtelain.

9 – Le film est présentement en salle.

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