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10/09/2016 08:48 EDT | Actualisé 11/09/2017 01:12 EDT

Syrie: Russes et Américains combattent surtout depuis le ciel

Russes et Américains, qui viennent de définir un plan pour une trêve en Syrie, ont une implication militaire dans le conflit qui repose essentiellement sur des bombardements aériens.

Voici les similitudes et les différences de l'intervention militaire des deux puissances en Syrie.

- Des objectifs militaires différents

Les Russes interviennent en appui du gouvernement syrien, officiellement pour lutter contre les groupes "terroristes". Mais Moscou est accusé de bombarder en réalité tous les groupes rebelles opposés à Bachar al-Assad, et pas seulement les extrémistes du groupe Etat islamique ou du Front Fateh al-Cham, (ex-front al-Nosra qui a renoncé à son rattachement à Al-Qaïda).

L'appui russe a permis à Damas de reprendre du terrain aux rebelles dans l'ouest du pays. Les forces gouvernementales ont aussi enregistré quelques gains face à l'EI, notamment à Palmyre.

Les forces de la coalition internationale dirigée par les Américains visent à aider des forces locales à reprendre les territoires conquis par l'EI. Ces forces locales ont jusqu'à maintenant été surtout les milices kurdes syriennes et leurs alliés arabes.

Ces milices kurdes syriennes ont repris de larges pans de territoires dans le nord-est du pays. Les avions de la coalition ont également appuyé l'offensive des forces turques et de groupes arabes fin août pour reprendre une bande de territoire le long de la frontière turco-syrienne.

- Les Russes ont des bases en Syrie

Intervenant en soutien du gouvernement syrien depuis le 30 septembre 2015, les Russes ont des bases dans le pays, notamment des installation navales à Tartous (ouest) et la base aérienne de Hmeimim (nord-ouest), qui abrite notamment des missiles anti-aériens sophistiqués S-400. Les avions russes mènent des frappes aériennes depuis Hmeimim, mais aussi depuis la Russie. Moscou a également conduit des frappes par missiles lancés par des bateaux en mer Caspienne et en Méditerranée, et par un sous-marin, ou bien par des avions partis d'Iran.

Des forces russes sont présentes sur le terrain, notamment des forces spéciales chargées de guider les frappes ou aider les forces syriennes à utiliser des armes lourdes.

En juin, une loi adoptée par les députés russes mentionnait que près de 25.000 militaires et civils russes avaient participé à l'intervention militaire en Syrie depuis son déclenchement.

Une vingtaine de soldats russes ont été tués en Syrie.

- Les Américains interviennent depuis l'extérieur...

Les Etats-Unis frappent notamment à partir de la base aérienne d'Incirlik dans la Turquie voisine, où ils disposent entre autres d'avions d'attaque au sol A-10 et de drones Reaper.

Ils peuvent aussi mener des frappes à partir du porte-avion dont ils disposent en permanence au Moyen-Orient, ou de leurs bases aériennes en Jordanie et dans les pays du Golfe.

Ils ont utilisé une grande variété d'avions pour leurs attaques, du chasseur F-16 aux bombardiers B-1 ou B-52.

- ... mais ont également déployé des forces spéciales

Washington a aussi déployé des forces spéciales en Syrie pour conseiller la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) et mieux diriger les bombardements de la coalition. Jusqu'à 300 soldats des forces spéciales américaines peuvent ainsi intervenir en Syrie.

La CIA a aussi un programme clandestin d'aide à certains groupes rebelles qui se battent contre le régime de Bachar al-Assad, consistant essentiellement à la fourniture d'armes directement ou via des pays alliés.

Aucun soldat américain n'est mort en Syrie depuis le début de l'intervention.

- Un embryon de communication entre militaires russes et américains

Après le début des frappes russes, les militaires américains et russes ont mis en place une cellule pour échanger quotidiennement des informations sur leurs opérations aériennes respectives.

Il s'agit d'éviter tout incident entre leurs appareils militaires.

Les Américains soulignent qu'il ne s'agit en aucun cas d'une "coopération", mais juste d'un échange d'informations.

- Des frappes russes plus meurtrières pour les civils

Les Américains accusent les Russes d'utiliser généralement des munitions non guidées plus meurtrières pour la population civile, alors qu'eux-même utilisent des bombes guidées au laser ou au GPS permettant une frappe précise.

Les bilans publiés par les ONG montrent que les frappes russes ont été plus beaucoup plus meurtrières pour les civils que les frappes américaines.

Selon des chiffres cités par l'ONG britannique Airwars, les frappes russes en Syrie ont tué près de 3.000 civils depuis octobre 2015, plus que celles de la coalition en Irak et Syrie depuis août 2014 (entre 1.600 et 2.400 victimes).

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