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10/09/2016 12:18 EDT | Actualisé 11/09/2017 01:12 EDT

Malgré les différences, la cohésion et la fierté s'installent chez Équipe Europe

MONTRÉAL — Ce n'était peut-être pas encore visible lors du match de jeudi au Centre Vidéotron, mais la cohésion s'installe graduellement au sein d'Équipe Europe, et peut-être même plus rapidement que ce qui avait été anticipé. Quant à l'aspect fierté, il ne fera pas défaut chez les joueurs, assurent-ils, même s'ils proviennent des quatre coins de l'Europe centrale et occidentale.

Sans drapeau ni hymne national communs, les porte-couleurs d'Équipe Europe, qui sont issus de neuf nations différentes, penseront d'abord à leur nation respective. En fait, c'est la directive qui leur a été émise d'entrée de jeu.

Et l'un d'eux, Pierre-Édouard Bellemare, porte même sa fierté jusque dans sa bouche, avec son protecteur buccal aux couleurs du drapeau français!

«La première chose que nous avons dite aux joueurs, c'est qu'ils jouent pour leur pays et pour le drapeau cousu sur leur épaule, a déclaré l'entraîneur-chef Ralph Krueger à l'issue d'une énergique séance d'entraînement, samedi matin, au Centre Bell.

«Tout le monde nous dit qu'il faut trouver une formule magique afin d'être fiers de jouer pour Équipe Europe, mais non; vous jouez pour votre pays. Lorsque Bellemare sautera sur la glace demain (dimanche), il jouera pour la France.»

Alors qu'ils se préparaient pour un deuxième duel en quatre jours contre l'Équipe Amérique du Nord, celui-là dimanche soir au Centre Bell, les joueurs rencontrés dans le vestiaire ont tous affiché leur appui au concept mis de l'avant par la Ligue nationale de hockey.

Ceux-ci savent que cette formule leur permet de prendre part à un tournoi d'envergure, ce qu'ils ne pourraient faire autrement puisque leurs pays respectifs ne comptent plus suffisamment de hockeyeurs pour former une seule formation qui pourrait être aussi compétitive que celles du Canada, des États-Unis ou de la Suède, entre autres.

C'est même devenu le cas de la Slovaquie, la terre natale des frères Stastny, qui sera représentée à la Coupe du monde par des joueurs aussi réputés que Zdeno Chara, Marian Hossa, Marian Gaborik et le gardien Jaroslav Halak.

«C'était nécessaire, a affirmé Halak. Dans le fond, c'est un peu ce que vous voyez dans la LNH avec des équipes formées de joueurs venant de différents pays. Personne n'a l'impression de vivre une situation étrange. Nous formons un groupe, nous jouons pour Équipe Europe mais nous affichons notre drapeau sur notre chandail et nous représentons notre pays. J'apprécie beaucoup l'expérience jusqu'à maintenant. Nous avons un groupe de joueurs très agréable et uni», a ajouté l'ancien gardien du Canadien.

Chara, le défenseur format géant des Bruins de Boston, ne s'est pas senti insulté d'apprendre que la Slovaquie n'avait pas été retenue pour former un groupe homogène, comme c'est le cas de la République tchèque, de la Russie ou de la Finlande.

«Trois ou quatre pays sont dans la même situation que nous, et c'est ainsi. Nous portons tous avec fierté le chandail d'Équipe Europe, je respecte le concept qui a été adopté, je suis honoré d'avoir été choisi et je vais jouer au meilleur de mes capacités.»

Mark Streit, qui a porté les couleurs de la Suisse en quatre occasions différentes aux Jeux olympiques, apprécie la chance qui lui est fournie. Et comme Halak, un ancien coéquipier avec le Canadien de Montréal, Streit se plait dans l'ambiance qui règne à l'intérieur du groupe.

«Je ne dirais pas que ça me blesse de ne pas pouvoir jouer pour la Suisse, mais j'admets avoir été surpris lorsque nous avons été mis au courant de la situation. Aujourd'hui, je pense qu'il s'agit d'une belle opportunité. C'est plaisant d'évoluer avec des joueurs différents car vous apprenez à les connaître. Nous avons beaucoup de plaisir et l'atmosphère est excellente.

«C'est une occasion spéciale, car peut-être que ça ne reviendra pas, a ajouté le vétéran défenseur de 38 ans. On ne sait pas. On veut profiter de cette opportunité, surtout que c'est un grand honneur que de participer à la Coupe du monde.»

Krueger, un Canadien d'origine allemande qui a longtemps dirigé la formation nationale de la Suisse, sent que la cohésion a également pris racine au sein de l'équipe.

«J'aurais réagi si j'avais senti un manque de cohésion, mais elle est présente sur la glace et dans le vestiaire, par la façon dont nous communiquons. Nous en sommes satisfaits. Je ne suis pas surpris, mais vous ne savez jamais tant que vous ne baignez pas totalement dans l'atmosphère. Il y a toujours un peu d'appréhension, et quand on regarde les premiers commentaires d'Anze (Kopitar), qui ne savait pas trop à quoi s'attendre, il y avait un peu d'incertitude.»