NOUVELLES
10/09/2016 07:08 EDT | Actualisé 11/09/2017 01:12 EDT

Des dirigeants ouest-africains en Guinée-Bissau pour aider à résoudre la crise politique

Une délégation ouest-africaine comprenant les présidents guinéen et sierra-léonais est arrivée samedi en Guinée-Bissau pour aider ce pays à résoudre la crise politique qui le secoue depuis plus d'un an, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les présidents guinéen Alpha Condé et sierra-léonais Ernest Bai Koroma sont accompagnés à Bissau d'un émissaire de leur homologue libérienne Ellen Johnson Silreaf, qui assure la présidence en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Aucun d'eux n'a fait de déclaration à leur arrivée.

Selon le protocole d'Etat, ils doivent avoir des entretiens avec le président bissau-guinéen José Mario Vaz, son gouvernement, les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale et tous les acteurs de la crise actuelle.

La Guinée-Bissau traverse des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel tous deux appartiennent.

Le PAIGC conteste toujours la désignation, en juin 2016, de Baciro Dja comme Premier ministre. Et ses députés refusent de siéger au Parlement, empêchant le chef du gouvernement de présenter son programme de politique générale.

Les tensions à la tête de l'Etat inquiètent d'autant plus la communauté internationale que l'élection de M. Vaz en mai 2014 avait marqué un retour progressif à l'ordre constitutionnel dans cette ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest jusqu'alors en proie à une instabilité chronique, avec des tentatives de coup d'Etat militaires à répétition.

Les présidents guinéen, sierra-léonais et l'émissaire de la présidente libérienne avaient été précédés à Bissau par une mission des ministres des Affaires étrangères de la Cédéao, qui a rencontré les protagonistes de la crise du 5 au 8 septembre, d'après le compte-rendu de cette visite obtenu par l'AFP.

Les diplomates ouest-africains ont insisté sur le dialogue et le consensus pour sortir de la crise. Autrement, ont-ils prévenu, "d'ici à six mois, le gouvernement ne sera plus en mesure de payer les salaires, compte tenu du blocage" à l'Assemblée "qui empêche le vote du budget".

Selon la Constitution bissau-guinéenne, le choix du Premier ministre revient au parti majoritaire. Or le PAIGC a perdu récemment sa majorité parlementaire absolue de 57 sièges à la suite de la fronde de 15 députés.

M. Vaz a dit vouloir s'appuyer sur une majorité alternative, constituée des 41 députés du Parti de la rénovation sociale (PRS, opposition, deuxième formation du pays), et de 15 députés frondeurs du PAIGC, soit 56 sièges sur 102 au Parlement.

aye/cs/de