DIVERTISSEMENT
08/09/2016 09:39 EDT

Coup d'envoi du TIFF 2016 avec une reprise des «Sept mercenaires»

Avec une reprise du western Les sept mercenaires --où joue l'acteur noir américain Denzel Washington, doublement oscarisé-- le rideau se lève jeudi soir sur le festival international du film de Toronto qui fait une place belle au cinéma européen et aux femmes.

Environ 400 longs et courts métrages venant de plus de 80 pays vont être projetés jusqu'au 18 septembre à Toronto pour ce dernier grand rendez-vous du cinéma avant le couronnement des Oscars en février.

Premier à fouler le tapis rouge jeudi, le réalisateur Antoine Fuqua revisite, sans légèreté, Les sept mercenaires avec le défi de reléguer aux oubliettes la version de John Sturges vieille de plus d'un demi-siècle, inspiré lui-même par le Japonais Akira Kurosawa (Les sept samouraïs).

Denzel Washington, en chasseur de primes, embarque une équipe de fines gâchettes (Chris Pratt, Ethan Hawke...) pour protéger une bourgade du Far West d'un industriel (Peter Sarsgaard) cupide.

Charge à ces acteurs de faire oublier le chauve Yul Brynner, ou les Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn de la version de Sturges lancés à la défense d'un village de paysans.

Au printemps, alors en pleine post-production, le réalisateur Antoine Fuqua justifiait le rôle principal en cowboy noir pour créer "l'événement" et avoir "quelque chose qui n'a pas encore été vu, quelque chose qui incarne davantage de diversité".

De fait, les populations du Far West étaient un mélange d'Européens, de Chinois, de Mexicains, d'Amérindiens et de Noirs.

"Les westerns ont de tout temps parlé de ce qui se passait en Amérique (...) et celui-ci parle d'une Amérique contemporaine. C'est une métaphore intéressante de ce qui se passe aux Etats-Unis en ce moment", a expliqué à l'AFP Piers Handling, co-directeur du festival de Toronto en référence à la campagne de la présidentielle américaine.

Tempo aux récompenses

Le festival de Toronto ne décerne pas de palmes ou d'ours comme à Cannes ou à Berlin mais uniquement un prix du public, donnant souvent le tempo aux récompenses hivernales à Hollywood. C'est ainsi que des films ou des interprètes, mis en exergue en septembre à Toronto, ont décroché quelques mois plus tard l'Oscar (l'actrice Brie Larson dans Room, Matthew McConaughey avec Dallas buyers club ou le film 12 years a slave de Steve McQueen).

Jeudi, au-delà des paillettes et du protocole autour du film d'Antoine Fuqua, les festivaliers ont découvert Message from the king, dernier long métrage du Belge Fabrice du Welz (réalisateur de Alléluia) retraçant l'histoire d'un Sud-Africain, fraîchement arrivé à Los Angeles, qui venge la mort de sa soeur.

Autre première mondiale au programme en ouverture, le film chinois Je ne suis pas madame Bovary de Feng Xiaopang qui s'attaque avec un humour caustique au combat d'une gérante d'un café, escroquée par son ex-mari, contre les lourdeurs administratives et les pratiques ancestrales, ou encore le long métrage de la Nigériane Kemi Adetiba (The wedding party) pour une comédie grinçante sur un mariage somptueux sombrant dans un fiasco retentissant.

La France, avec 31 films produits ou coproduits, tient une place de choix au festival de Toronto, une représentation illustrée aussi par les réalisatrices (Mia Hansen-Love, Katell Quillévéré, Houda Benyamina..) venues pour s'ouvrir le marché nord-américain en tentant de décrocher un distributeur au cours des journées dédiées au marché du film.

Pour sa part, Emmanuelle Bercot lancera à Toronto La fille de Brest accompagnée de l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen dans le rôle d'Irène Frachon, cette pneumologue qui avait révélé ce qui allait devenir le scandale du Mediator.

Sans arriver à la parité chère au Premier ministre Justin Trudeau, les organisateurs du festival ont donné plus de visibilité aux femmes qui ont réalisé ou scénarisé pratiquement un tiers des longs ou courts métrages.

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