BIEN-ÊTRE
08/09/2016 03:14 EDT | Actualisé 08/09/2016 03:16 EDT

Le dessin touchant de ce père montre toute l'injustice d'une fausse couche

«Je ne savais pas quoi faire d'autre ce jour-là, alors j'ai dessiné.»

Depuis 2011, Curtis Wiklund partage des croquis du quotidien avec sa femme et ses deux fils. Les illustrations parfois cocasses, parfois poignantes et romantiques, sont très populaires sur Instagram et Facebook.

Mais son plus récent dessin touche un sujet difficile et parfois encore tabou : la fausse couche.

Ça, c'est la journée où nous avons appris que nous avions perdu notre bébé. C'est étrange de partager ça, parce que c'est tellement un moment intime. La plupart des gens n'en parlent pas. Je ne savais pas quoi faire d'autre ce jour-là, alors j'ai dessiné. Ça exprimait mieux ce que je ressentais que tout ce que j'ai essayé d'écrire. J'espère qu'en le partageant, je pourrai donner un peu de réconfort à d'autres personnes qui souffrent en silence. Pour qu'elles sachent, au moins, qu'elles ne sont pas seules.

Curtis et son épouse, Jordin, ont déjà deux enfants: Casen, 3 ans, et Hayden, 1 an. Au début de l'été, ils ont appris qu'ils attendaient un troisième enfant. Mais lors de leur première échographie, le 22 juillet, ils ont reçu une nouvelle qui les a dévastés.

«En arrivant à l'échographie à neuf semaines, j'ai sorti mon téléphone pour filmer l'écran, a raconté le papa au Huffington Post américain. La technicienne m'a demandé de le ranger, le temps qu'elle vérifie que le bébé allait bien. C'est là que j'ai réalisé pour la première fois qu'il était possible que quelque chose cloche.»

«Quand la technicienne a quitté la salle, Jordin s'est mise à pleurer. Elle savait, ajoute le père. Quand la médecin est arrivée, elle nous a expliqué que le bébé avait arrêté de grandir à six semaines. Et qu'il n'y avait pas de battements de coeur.»

«Elle a été très gentille avec nous, se souvient Curtis. Jordin essayait de rester forte, mais elle ressentait un besoin urgent de s'en aller.»

Curtis et sa femme s'étaient présentés au rendez-vous dans deux voitures séparées, mais ils se sont engouffrés ensemble dans un véhicule, le temps de prendre conscience de ce qui venait de se passer. «On a pleuré pendant une demi-heure. On a laissé l'autre voiture dans le stationnement.»

Ce soir-là, le couple avait organisé une fête pour annoncer la grossesse à ses proches. Ils ont dû l'annuler.

En revenant chez lui, Curtis a longtemps pleuré dans son bureau. «Je ressentais le besoin de documenter le moment, raconte-t-il. C'était une réaction instinctive au deuil. Certaines personnes ressentent le besoin d'aller courir ou de faire de l'activité physique, d'autres ont besoin d'écrire une chanson ou de peindre.»

Au départ, Curtis était réticent à l'idée de dessiner le moment, parce que ses croquis sont généralement positifs et joyeux. «Mais après avoir essayé d'écrire dans un journal, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas décrire ce que je ressentais avec des mots», explique-t-il.

S'il a choisi de partager le dessin touchant, c'est parce qu'il croit qu'il pourrait réconforter d'autres parents qui vivent un deuil similaire.

Sa femme était d'abord réticente à l'idée de partager une expérience aussi intime avec le public, mais elle a fini par donner son accord.

Elle a expliqué au Huffington Post qu'elle trouvait important d'accepter que les moments difficiles font partie de la vie et que les réseaux sociaux ne devraient pas être uniquement inondés d'images positives.

«Après la fausse couche, les témoignages d'autres amis qui avaient vécu la même chose m'ont beaucoup aidée», a-t-elle confié.

«Une fausse couche est une expérience très solitaire. Si le dessin de Curtis peut aider quelqu'un, ça valait la peine de le partager.»

Cet article initialement publié sur le Huffington Post États-Unis a été adapté de l'anglais.

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